mardi 6 mars 2012

Forum doctissimo, niche de rencontres pathologiques

Salut à tous. Je tenais à m'adresser à fuchsia44 et nutella93 en particulier. Je me reconnais beaucoup dans vos explications, surtout dans celles de fuchsia44, et ce à chaque ligne. C'est dingue. Si nous avons des caractères à ce point partagés (observateur, sourire d’apparence…), quelque part, ça démontre bien qu'il y a un mode de pensée qui n'est pas anormal, même si ça relève de la "pathologie". Je pense que quand il y a une "erreur" chez quelqu'un, qu’il soit tueur, voleur, dépressif ou n'importe quoi, il y a deux "fautifs". Le sujet et la société. Il faut tout de même que nous nous accommodions de la société puisque nous n’avons pas le choix. Je dis ça parce que je m'en suis enfin rendu compte il y a à peine un mois. Même si cela n'a jamais été diagnostiqué parce que j’ai toujours refusé les psy par convictions personnelles, je pense que j'avais une cyclothymie, et entre autre à cause de ma paranoïa. Quand je ne vivais pas mon bonheur illusoire, j'avais aussi des idées noires, des thèses comme quoi j'étais inintéressant, inutile, que mes amis ne m'aimaient pas autant qu'ils le laissaient entendre, et je jugeais aussi tout cela sur des faits futiles, comme l'exemple que donne fuchsia44 à travers l'histoire de son pote qui part au ski. Je me suis aussi toujours senti en marge, en avance ou en retard, qui sait, et n'ai jamais eu assez d'instinct pour m'intégrer comme il fallait, parce que j'avais toujours peur. Je m'en suis vite rendu compte lorsque j'ai touché à la drogue (dure). Lorsque j'en prenais, j'étais le mec le plus abordable du monde et engageait des discussions passionnées avec n'importe qui. J'en ressortais toujours grandit, comme si j'avais réussi quelque chose. Je ne sais pas si c'est bien ou mal, mais j'ai ressentis "la drogue", et avec du recul, j'arrive a me rappeler mes états psychologique de l'instant et ai pu travailler avec ca afin de me reconstruire. J'en ai pris une fois toute les deux semaines en l’espace de 4 mois, je n'étais donc pas accro, mais déjà dans le danger. Avant de commencer, on ne se connaît pas assez pour savoir où la drogue nous mènera. Alors je vous le dis comme un million d’autres personnes, la drogue c’est de la merde, n’y touchez pas. Au cours de ma vie, j'ai fait 4 tentatives de suicides assez sérieuses. La dernière fut en décembre. J'allais tellement mal que je n'arrivais pas à pleurer, et j'avais l'impression de devenir complètement taré, à me taper la tête contre les murs. J'ai explosé tout ce qu'il y avait dans ma chambre, j'ai démonté un rasoir pour en sortir la lame, et me suis tranché les grosses veines. Je n'ai jamais voulu mourir. Seulement, j'avais aussi peur de la vie que de la mort. Suite a ca, j'étais tellement paumé que j'avais même plus envie ni de vivre ni de me faire mal pour me rendre compte que je ne voulais pas mourir. Je ne savais plus quoi faire. Ya pas pire. Je vous explique tout ca pour vous montrer que j'ai été au pied du mur. Alors j'ai décidé de ne pas m’éterniser dans cet état passif et de faire quelque chose: Etre fort. J'ai toujours eu le mental pour à peine surmonter ma vie tout seul. (J'ai été en foyer à 14 ans et ai vécu tout seul depuis 18 ans, pourtant je n'étais pas "forgé" ) Dorénavant je serais le type le plus fort de l’univers. Je n'ai jamais voulu voir de psy pour m’y aider. Je suis exceptionnellement allé en voir un après ma sortie de l'hosto en décembre. Il m'a filé des anti-dépresseurs que j'ai pris sur une semaine. Je me sentais tellement bien que je savais qu'il fallait que j'arrête. Je sais ce qu'est une drogue. Je refuse de me laisser avoir par ce truc, qui en plus foire mes facultés mentales et motrices. Je ne veux absolument pas faire de la mauvaise pub. Certaines personnes doivent prendre ces médocs. Je n’ai pas l’expérience requise pour distinguer qui doit en prendre ou pas, mais tout le monde devrait vraiment réfléchir (si leur intellect le permet), peser le pour et le contre avant de gober ca, et même agresser de questions le médecin prescripteur. On ne peut pas prendre ce genre de chose a la légère, et CERTAINS médecins le font.

Deux choses m'ont sauvé: mon incapacité à me laisser mourir, la méditation. J'ai appris à me détacher des choses. J'ai enfin compris ce qu'on nous dit très souvent: les gens qui ne te connaissent pas et te jugent, tu les ignore. Dans la méditation, il y a une part de "magie", un travail qui se fait tout seul sans que tu ne t'en rendes compte. Du coup, je ne me prends vraiment plus la tête avec l'attention qu'a le monde à mon égard, mais je ne saurais expliquer par quel procédé psychologique j'ai pu atteindre un tel niveau de détachement. Je vais vraiment bien. Ca faisait longtemps. Des fois, je vais à la cantine, je m'assois tout seul, et si personne ne vient, je ne m'en rend même pas compte. Je ne regarde plus dans tous les sens d'un air inconfortable. Et, ce n'est pas de la paranoïa de s’imaginer que, naturellement, certains se disent "il est tout seul, le pauvre" ou "quel boloss". Mais il y a autant de chance pour que ca ne soit pas le cas. Et même si ça l’est, on s’en branle royalement. La paranoïa n'est pas jugée sur le fait que la chose crue soit vérifiée ou pas. Un parano pourrait avoir tout le temps raison. La paranoïa est jugée sur l'aptitude qu'a une personne de tirer des conclusions à tout bout de champs et sans justifications... et même avec justification, dans ce cas nous sommes tous paranos. C’est gênant quand on en souffre. Il faut juste rester ouvert, admettre qu'il n'y a jamais une vérité, et que si autant de possibilités existent, il ne vaut pas la peine de souffrir pour une seule d'entre elle. Nan, en fait ce n’est pas ca. Rien ne doit vous atteindre. Pourquoi vous êtes moins populaire qu’un autre ? Parce que vous n’êtes pas produit en série. Encore heureux qu’il y ai des gens comme vous. Vous avez votre propre valeur, et tout le monde n’est pas forcé de le savoir. Mais que vous soyez grande gueule ou plutôt réservé, il ne faut plus avoir peur. Détachement. « Le bonheur c’est se suffire à soi-même » le bouddha a dit quelque chose comme ca. Maintenant que j’ai compris ca, je peux venir vous parler. Des conseils assez simplistes qui, j’espère, vous mèneront à la réflexion (c’est un vrai boulot d’aller mieux). Il faut que vous appreniez à confronter vos besoins face a ce que la société vous a appris d’erroné. Pas la peine de vous projeter, vous êtes là. Il n’y a pas plus important que vous-même pour vous-même. Regardez comment les gens courent après ceux qui s’aiment eux même ^^

Lorsque j'allais encore mal et que, contrairement à vous, je me mentais à moi-même en me disant que je n’étais pas paranoïaque, j'ai décidé de traiter un sujet pour une matière que j'ai dans mon école de ciné: journalisme audiovisuel. N'ayant pas fait mes devoirs à la maison, j'avais précipitamment choisis 'la paranoïa chez les jeunes en france" au début du cours. J'ai toujours été très intéressé par ces problèmes de fond plutôt qu’aux grands faits de société comme la guerre etc.... du coup je cherche des jeunes gens qui ont étés paranoïaques ou le sont encore, que leur paranoïa relève juste du trouble ou qu'elle soit à un stade avancé, afin que nous puissions échanger. Je vous file mon mail de sécurité, vous êtes tous les bienvenus et j’ai hâte que nous fassions connaissance : ***********

vendredi 2 mars 2012

Deux mondes

Aurel, l'autochtone d'un univers imaginaire illustrant toute la différence avec le réel où tout n'est pas le cancer prolongé d'une Sainte Peste. Aurel, cet aborigène ne s'étant jamais prélassé en toute insouciance entre 4 murs délimitant l'intérieur qui le protège, regarde Jo tirer lentement la taff qu'il esclaffe aussitôt dans un brouillard embaumant la plénitude qu'Aurel contemple, sous ses joues qu'il ne peut empêcher de grimper, tandis que Jo commence à imiter le cri d'un animal inconnu dans le creux de ses mains, pour se faire rire lui même avant toute chose.

mardi 14 février 2012

Les choses n'avaient pas la même importance. On parlait de tout. On était content de se voir, en plus de voir, de vouloir, de ne pas être au lit le soir. On aimait les images idiotes. On ne s'embêtait pas à être intellectuel. Ce n'était pas le critère. On se trouvait beau ou moche. On avait plus peur de ce qui n'existait pas que de la réalité. On ne souffrait pas vraiment d'être différent, et même si ca arrivait, on s'en fichait. On pleurait et on oubliait, parce qu'on était vite émerveillé. Tout avait une âme. Tout était magique. C'était instinctif. On ne cherchait pas le sens des choses, ou plutôt, tout avait un autre sens. Tout était neuf, tout nous suffisait. L'amour n'était pas compliqué. Il suffisait de se plaire rien qu'un peu. On oubliait vite, on se répétait, on nous le disait, on s'en fichait et on recommençait.

vendredi 10 février 2012

Parano

A un moment, j’avais peur de ce que je pouvais dire. J’avais peur de passer pour un homophobe si je disais pédé, j’avais peur de passer pour un con si je disais que j’aimais pas les math, j’avais peur de passer pour un illettré si je faisais une faute, j’avais peur de passer pour un nul si je partageais mes idées, j’avais peur de passer pour un nerveux si je haussais la voix.

mardi 31 janvier 2012

Compte pour adolescent

Blême des cils, 
et je crible, 
de tâches, 
qui pourfendent, 
mon espace si tendre.
J'avais un poème dans la tête. J'ai rencontré la fille de mon cœur, en couleur, des pétales de douceur, un carnaval de douleur, plus je l'aime ma stupeur…

Les mots que chantaient Neroji, accablé par un ensorcellement vaudou que Sofsou, le grand père de Babou, dans un excès de rage, lança à Valina, la grand mère de Neroji : Pour maudire Valina, Sofsou lui vola quelques mèches de cheveux, censé être l'immortel réflexion de la mort (la vie de la mort), les posa dans un sceau d'esprit qu'il invoqua: "Que cette femme pleure toute sa vie, ainsi que ses enfants, et les enfants de ses enfants" Après la mort des grands parents, Babou eu des visions, et pressentis qu'il pouvait sauver la vie d'une personne dont il aurait mieux fallu qu'elle soit morte. Neroji, esseulé dans une cité de plomb, miroitant des ombres froides, perméable seulement à la prière, implacable humanité du "Pourquoi?" Celui qui fait les démons comprendre la douleur, la culpabilité d'exister, et se transformer en ange. Babou était un démon. Le pourquoi de Neroji le sauva. Alors Babou sauva Neroji. 

jeudi 12 janvier 2012

Elle s'appelait Magalie, Marie Jeanne, Nathalie, Simone, Emilie, Laura, Vanessa,

Elle s'appelait Magalie, Marie Jeanne, Nathalie, Simone, Emilie, Laura, Vanessa, trop stupide, pourquoi, sans voix, esquivé et patois, intempestif, j'ai manqué de me faire valoir. J'ai manqué d'ouvrir les bras, je sais à qui la faute, il n'y a pas assez de bouche pour embrasser la faute, suffoquant dans l'hiver d'un coin de chambre ou le regard se blesse, et saigne des larmes chaleureuses dont la vapeur réitère le vieux débat, simule une présence, une aura, dont le tumulte s'efface en s'étirant, dans le vent qui s'arrête, ne pénètre plus rien, ne joue plus à se prendre pour la vie, se noyant dans son propre corps...

dimanche 1 janvier 2012

Miroir antique en argent dégarni, reflet parsemé de taches brunes...

-"Hey! Comment tu vas! Moi? Mais ça va bien, je te remercie! Il fait beau, il fait chaud, les ardeurs sont au top niveau! hahahahahaha! Ode à la joie , ode à la joiiiiiiie, ode à la joiiiiiiiie! Les chinois en chocolaaaat! Les martiens de l'Angolaaaa... se tiennent la main… au Congolacola…. nan… cherche un rein au sahara nan…"

Cuisine vide, évier dénudé

-"Frivole… je m'envole… comme une cabriole… rien à foutre j'lave pas mon bol… " regarde le ciel.

Dans le bus. Le bruit du vent. Un vent d'ailleurs. Regarde les gens. Au restaurant, on lui montre comment remplir les sauces, la moutarde... Vite. Toujours trop vite. Décors flou.
En rentrant du boulot, 21h… crépuscule. Longues traînées de nuages sur les dernières bleues… depuis les profondeurs du ciel, un avion gronde… Lève la tête, les yeux à travers le grillage. Toujours le vent. Presque un chant. 
Chambre nu, sans personnalité. Sport, barre à traction improvisée, puis courir... D'abord le rond point fleuri. Un peu de route avant d'entrer dans le parc. Le vent, tiède, comme un murmure.
Romain. Il vient de la réunion. Un joint avant le taff. Gros tripe. Romain réagit mieux… réagit normalement. Brice se moque… un peu grande gueule. Même défoncé, on s'en rend compte. Entre 2 services, de bons délires. Boxe dans le parc, tactique du vol des chaises de la terrasse, bousillage des panneaux de directions provisoires, la portugaise, l'appartement bourgeois… 
Londres… sympathies stupéfiantes, 1eres montées de synthèse… en retard pour le boulot. Des bouchons sur le retour. Forcé de prendre l'avion. Fuck le boulot. Serveur tout une vie… pas question. Un rêve, trop beau, irréalisable… qu'à cela ne tienne. Serveur tout une vie, pas question. Engouement exacerbé, euphorie démesurée, espoir occultant, entraînante sociale. Soirée, drogues. Sensationnel! Libératoire! L'amour spontané, éphémère, ignorant! Quel est son nom? Quel est son but? 
C'est le regard qui change... Il n'y a plus de ciel, plus d'espace, plus d'ampleur. Que l'effondrement, la peur de rester là, dans le vide qui se clôt, entre toutes les pensées du monde, sans repères. Connexion déconnectante. La folie guette.
Apprendre... apprendre... apprendre sans comprendre. C'est devenir affamé, impatient, en oublier ses sens, avoir peur de faire un choix. Il n'y a pas qu'une seule vérité. Le savoir, trop, beaucoup trop. Comprendre avec crainte. C'est comme si tout devait s'expliquer là, maintenant. En oublier le temps. C'est comme si tout devait se voir. En oublier l'espace. Se sentir impuissant. Coupable. Vouloir mourir. Plus que la mort, vouloir oublier d'être incapable d'exister.
Horloge déréglée. Le jour et la nuit s'enchainent sans pertinence. Après la vie, il y a la mort. S'ensuit la vie. Par pulsion, comme sous les battements du cœur.

Être patient. Apprendre pour comprendre. Choisir. Se faire violence. Radicalement. De toute ses forces. Moins de soirées, adieu les drogues, l'alcool, beaucoup de sport, de méditation. Ça va mieux, beaucoup mieux. Mais quelque chose reste au fond... Cette cyclothymie... Plus tard. Il ne faut pas perdre l'élan. Vivre au présent. C'est tout ce qui compte pour le moment.