mercredi 4 juillet 2012

Elle était toute les brunes aux yeux bleus dont j’avais rêvé. Je l’aima au premier regard. Je n’ai pas a me justifier du pourquoi, mais je n’avais plus l’impression d’avoir à me justifier quand elle m’a regardé. Je l’ai vu en rêve… des spasmes perpétrés par sa présence sur terre. Des passades de bonheur authentique. Je me sens vivant. J’aime dieu.

jeudi 21 juin 2012

Trouble de la foi

Lorsque je vais mal, je me dis que ça ira mieux. C'est toujours vrai. Lorsque je suis allègre, j'imagine pour toujours. C'est me voiler la face. Je suis malade. Si je tente de l'expliquer avec des faits, le quotidien, les événements, c'est foncer dans un mur. C'est une horloge, un peu tarée mais toujours en marche. Je suis le pantin d'émotions ne frappant pas à la porte. J'essaye d'être plus fort que ces mains invisibles, et lorsque je flanche, je résiste à mon dos qui se courbe. Lorsqu'un violent bonheur m'envahit, je sais que si je me laisse emporter, la redescende sera rude, alors je la canalise dans l'écriture et non pas dans l'emballement de mon coeur, dans le débordement de moi. Il faut savoir prendre de la hauteur. Les émotions n'aiment pas être gérée. Elle sont si puissantes qu'on préférerait les vivre pleinement. Le besoin de courir a autant d'argument que l'envie de se détruire. La vie est belle, respirer est merveilleux, je ne regrette pas le temps, et je vivrais dorénavant comme si c'était la dernière fois, sans rien abîmer, que l'austérité de ma joie. J'ai peur. Je ne comprends pas le sens de tout ça. Je pleure l'amour que je n'ai pas. Plus le temps, plus je souffre. Je ne veux plus penser. Je ne veux plus espérer. J'avais l'impression d'être l'homme le plus fort du monde. Je voulais m'arracher le coeur pour qu'il ne me poigne plus. Je souriais à tout le monde. Je ne voyais que mon ombre. Je riais sous la pluie. Je ne méritais pas le soleil. Mais je me soigne. J'appâte le bonheur d'un tissu. Le tissu d'un parfum. Le parfum d'une présence, celle qui me permit de tout surmonter. Quand elle perle sur moi, c'est pour toujours. Dans la carcasse d'un tigre dort une hirondelle. Je l'adore.

jeudi 17 mai 2012

Mon dealer habite le coin

Gil: Salut mec, comment tu vas?
Duc: Au max, trankil ou quoi?
Gil: (Merde, le mode gangsta)
Duc: Ma couille, faut que tu vois ce qui vent d’arriver
Gil: (Putain j’en étais sur… )
Duc: Vas y prends une chaise, jvais t’faire sentir ca
Gil: Cest quoi ?
Duc: Dla com. Cest mon zbeul de toulouse qui m’a ramené ca. La nana qui était à coté de chez lui est marocaine, son frère c'est un exportateur putain. T’as vu la plaquette ? Il a rempli une pièce entière avec tout ca, ca monte jusqu’aux tétons.
Gil: Ah...
Duc: Mais bien sur, vas y lui c’est un génie simple, il travaille pas et vie dans une résidence sociale… il s’en branle si avec son salaire non déclaré il arrive à partir quand il veut, payer cash les chambre d’hotel où il ramène la Go qu’il à choper avec sa smart d’chez deutch… Putain, cette merde de com…
Gil: C’est quoi dla com ?
Duc: Ba c’est dla com t’as vu, c’est ça la. Faut que je rembourse le mec d’a coté, il a poser un strabelone devant ma porte…
Gil: (J’ai rien compris) Ah ouai… ca craint… c’est quoi un strabelone ?
Duc: De la merde
Gil: Cest quoi dla com ?
Duc: De la merde. Du shit pour les pauvres. J’sais pas ce qu’il se font avec dla skunk, mais putain, vendre pour les pauvres ça rapporte.
Gil: Tu m’étonnes… regarde nous…
Duc: Ouai. La dernière fois que j’ai vu passer une caisse chromé c'était dans un bouquin en 1945, quand on allait pendre Pétain.
Gil: Il est pas mort en 1945
Duc: Ouai un truc comme
Gil: Il a pas été pendu…
Duc: Peut être mais il est mort. C’est quand même lui qu’a niqué toute la france

vendredi 20 avril 2012

Parole d'Aurel contre Varo

J'avais l'ennui lié à mes pieds. Je trébuchais et me relevais sous la pluie. Elle se mêlait aux larmes et longeait mon corps dans un ruisseau, me laissant emporter dans une boue ruisselante. L'insipide désir s'évapora. Je glissais dans mon ombre et elle me pénétra. Mes yeux se retournèrent. Des miroirs sans reflets... Je n'avais jamais existé... Des ailes poussèrent mes omoplates, déchirèrent ma peau et m'extirpèrent du vide, scindant les ténèbres par un courant de lumière.

mardi 3 avril 2012

Chronique

"J'ai putain de mal. Et ça me fait putain de mal de plus arriver à l'écrire sur du papier. J'suis assis comme un affamé devant mon clavier et je déteste que ma douleur n'ait pas une beauté qui la rendrait plus douce. Parfois, j'ai l'impression d'une souffrance stérile, sans âme. Alors je passe mon temps à explorer le vide au lieu que ma souffrance se réfléchisse sur le ciel et se panse de merveilles. Je me relis et je me sens con. Je n'ai aucun talent, que des passions incompréhensibles, je suis totalement informulable, inutile, à la ramasse. Qu'est ce que je fais? Rien. Je me relis, je ne suis investis que par l'égoïsme, je n'ai aucun mot pour partager, pour faire rêver, pour aider le monde à travers ma guérison. Je suis las. Quand on écrit sur un écran, on ne s'écrit plus à soit même, il n'y a plus d'encre, plus de sang, et notre âme ne fait que se déguiser, se lustrer sans être belle. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi je suis à ce point lunatique... Il paraît que tout le monde est seul."

C'était plus avant. En plein milieu de sa chrysalide, il y a eu cette crise. Il pensait à une rechute. "Merde... Pas ça..." comme un rappel d'où il venait. Cet endroit vide de sens. Son manque de confiance prenait un tel élan dans son coeur qu'il se trouvait presque toujours ridicule s'il agissait "putain mais quel con". Il fallait toujours laisser s'écouler quelques jours, voir quelques mois, pour qu'il prenne de la distance sur ce qu'il avait fait, sur ce que ça représentait réellement.

"Salut Bruno, Je ne vais pas très bien ce soir et j'avais envie de t'écrire un peu. J'aime beaucoup ce que tu fais, dans tes films, dans ce que tu écris, dans ce que tu dis. Ta sincérité m'apaise beaucoup. J'avale tout ce que tu dis sans réfléchir, comme si c'était forcément bon pour moi. J'adore prendre le train, l'ascenseur, l'avion… il n'y a qu'a se laisser glisser d'un point à un autre. Parfois, j'aimerais qu'il n'y ai plus besoin de parler. Qu'il suffise de se regarder. Avec ce que tu fais, je n'ai pas la sensation de subir. Ca me redonne l'espoir de simplicité dont j'ai besoin. Je n'arrive pas toujours à la trouver autour de moi. Peut être que je ne le mérite pas. M'enfin, je crois que tu m'aides bien. Déjà, t'avoir écris m'a fais m'oublier un peu. Je vais dormir. Merci. "

Après tout, c'était une période généreuse. Si la dépression avait toujours été chronique, elle était malmené par des élans d'une plus grande compréhension que la méditation lui permettais depuis quelques mois. Ce n'était plus la certitude mystique et délirante qui lui donnait l'impression de pouvoir soulever des montagnes sans en avoir les bras mais bel et bien la conscience d'être redescendu sur terre, peut être pour la 1ere fois de sa vie...

mardi 20 mars 2012

Devoir de préparation pour "Journalisme"

B. est le stéréotype du type sympa que tout le monde aime. Plus on le connait, moins on désire lui reprocher quoi que ce soit. D’une famille d’apparence musulmane mais qui rejette la religion au profit de valeurs plus affranchies, inspirées de la philosophie sereine de bouddha qui fait de multiples apparitions dans leur appartement, B. et son petit frère vivent dans ce qu’on peut appeler un environnement sain. Si le père est patron de sa propre entreprise, la mère au chômage et le petit frère encore au Lycée, B. quant à lui suit de studieuses études de commerces. Studieux d’ailleurs, il l’est. Jonglant habilement entre sa vie extra domicile et celle dans sa chambre ou il passe son temps entre ses livres, B. ne manque jamais d’apprendre et d’entreprendre. Pour lui, aucune minutes ne peut se perdre s’il est employé au travail ou à la découverte. Cet autodidacte confirmé installe la mesure de son esprit par un jeu du regard appliqué et des mots rapidement mais soigneusement choisis. Lorsqu’il parle, on a l’impression d’entendre un conteur faisant très attention à l’intonation de sa voix. Tout comme lorsqu’il écrit pour l’un de ses blogs, ou quand il dessine selon les directives d’un bouquin qui en explique plus sur la manière d’utiliser son cerveau plutôt que son crayon. Dans ce mode de vie vigilant, B. trouve une place confortable afin de dévoiler son personnage philosophique et stable, et d’éviter l’acharnement des violents en tout genre, au profit d’un idéalisme censé le tirer vers la prospérité et l’ataraxie.
B. n’est pas de ceux qui se révoltent contre ce qui l’entoure. Il n’est pas de ceux non plus qui s’agacent dans une queue trop longue au cinéma. Il est de ceux qui choisissent de quoi ils parlent, et freinent le zèle d’un sujet ennuyeux par un désintérêt poliment évoqué. Il paraît presque toujours imperturbable. Bien sûr, il lui arrive de se tromper, de râler un peu, de se cogner… il est humain. Mais aucun de ces dérapages ne marque.



mercredi 7 mars 2012

Innombrables


Les gens portent leur regard au hasard, au sein de leur cité envahit d'innombrables anonymes. Je suis sur l'autoroute, le visage éternellement contre la buée d'une vitre. Les voitures défilent. Je me dis que dans chacune d'entre elles, il y a un humain capable de ressentir. D'où vient il? En quoi est ce qu'il croit? Quel est le but de sa vie? Quel est son combat? Comment fait il pour supporter tout ce poids?





« Pourquoi la vie est un parcours ? Pourquoi rien n’est simple ? Ils veulent imiter les spartiates. Seuls les plus forts peuvent survivre. Il faut supporter l’autorité, faire tout un tas de papier, un tas de démarches qui vous stress, supporter l’injustice, la violence, l’hypocrisie, les égoïstes, la vie chère, la rue, la haine, les murs, le racisme, les infos, la famine, la guerre… vous vous en prenez de tous les côtés, et si vous aspirez à la liberté, ça vous oppresse, on vous ordonne d’avaler ce qu’on vous fourre dans la bouche et des coups de bâtons pour laper ce que vous avez recraché. » On a souvent envie de fermer le caquet des gens qui se plaignent, on a souvent peur de se sentir impuissant face à leur souffrance. Alors les gens refoulent et aliment une plainte intérieure.... 
Règle numéro 1 : Je n'aurais de mépris pour personne. Ni les bons, ni les méchants.