lundi 14 avril 2014
Je viens de recevoir mon dossier médical. Le foyer m'ayant accueilli durant 4 ans l'avait perdu lorsque je suis parti. Je n'en avais jamais pris compte, mais en grandissant, je souhaitais comprendre ce qui m'était arrivé, ce que mon traumatisme crânien avait généré de problématique. J'avais bien des idées, mais il fallait que ces documents confirment mon intuition, parce que c'avait gâché beaucoup de choses sans que je puisse en parler. Au fond, je voulais des mots expliquant la logique de ma tristesse. D'où venait elle ? Après 6 ans de frustration durant lesquelles toutes mes questions fixaient la vacuité d'une expertise médicale, je décidai d'appeler le foyer pour les forcer à retrouver mon dossier. Ils avaient remis la main dessus et me le retournèrent. A peine le postier me donna le dossier que je l'ouvris. Je fouinai un peu hasardeusement à la recherche d'une lésion source au cerveau. "tristesses" "passivité" "lenteur"... J'ai entendu ces mots toute ma vie. Comment se fait il que c'était déjà vrai à cet âge (j'ai eu mon accident à 3 ans)? Je ne veux pas que vous remarquiez cette tristesse, je veux qu'elle vous alarme ! Quelle est sa source !? Rien. Rien d'autre que des choses que je savais déjà. Une infériorité du langage, un défaut de l'attention, des capacités, une supériorité visuel... Mais rien qui n'explique cette tristesse précoce, si ce n'est son prolongement. Ils écrivent que Gu. aura besoin d'attention, de soutien... Je n'ai ni eu droit à ça, ni à aucun traitement normal, mais au divorce de mes parents baignant dans le ressentiment, à une relation destructrice avec ma mère, à une adolescence délaissée dans un foyer, à la rudesse de l'incompréhension, à la colère qui monte et qui explose, la violence omniprésente, aux pleurs quotidiens, à la banalisation de mon état, à la guérison forcée, fissurée de mensonge... A ma culpabilité. J'ai vu la lumière et je m'en veux de ne pas la garder constamment près de moi. J'ai l'impression d'être plein de caprices, c'est plus fort que moi.
jeudi 27 février 2014
Et bla et bla et bla
Certaines personnes parlent trop tout le temps. Elles sont tellement soucieuses de leur identité, tellement peu confiantes de ce qu'elles projettent qu'elles tentent de canaliser leur paranoïa par l'autorité de leur mot.
mercredi 26 février 2014
Larmoiement sur vinyle
Incroyable. Quel envol. L'élan qui m'a saisis, jusqu'à flancher contre sol, jusqu'à exploiter les ridicules sillons de la pierre, pour finalement défiler à toute allure devant les parterres encombrés de latin, suffire la figure de la vitesse offerte, sans porter d'estime au but, juste, ne plus supporter la chute. Incroyable.
samedi 8 février 2014
La maison du bonheur
Ce que je veux c'est une grande maison ouverte en pierre où les gens pourraient venir se ressourcer. Il n'y aurait pas d'aspect commercial mais beaucoup d'amour et ça serait un endroit ou l'on aurait plaisir à se connaître, à se guérir, à apprendre. En entrant on passerait devant de larges lavabos et une grande table à manger en bois. Au fond, la longue pièce se prolongerait en dortoir d'ami avec des lits se faisant face. Pas de porte, mais un épais rideau bordeaux. Le respect, la quiétude instaurés et la taille de la pièce suffiraient à isoler du bruit et de la lumière afin que l'on puisse trouver facilement le sommeil. Et puis, la maison se voudrait un doux lieu de vie ou le passage de chacun serait rassurant pour les autres. La journée, tout le monde serait en train de travailler au champs, ou à lire un livre, ou à écrire, ou à écouter de la musique ou à en jouer... Dans le but de communier, de se connaître un peu mieux, de mener une recherche ou de flâner. On aura le droit de demander de l'aide mais l'intérêt de la journée sera de s'affairer simplement. Plus la journée se sera déroulé, plus les gens se retrouveront pour finalement échanger simplement sur ce qu'ils ont fait et ressenti. Les remarques de chacun seront bienvenues, et il n'y aura jamais de jugement négatif sur ce qui a été fait, et dans tous les cas, rien ne méritera que l'on se sente blessé. Nous nous efforcerons toujours à la réconciliation et conseillerons pour les lendemains. Si les conseils n'étaient pas suivi, il n'y aurait aucun ressentiment et toujours la résignation du détachement sinon une complète acceptation, une totale confiance. La confiance serait le maître mot.
mercredi 5 février 2014
Mais quel gogole. Je fouille ma petite boîte fourre tout à la recherche d'une carte sd, et là, je tombe sur la boite de zimma D que j'avais acheté sur les conseils d'un ami (pour palier aux carences de vitamine D dues au manque de soleil) le truc que je croyais prendre tous les jours depuis un peu plus d'1 mois... Mais si le flacon est là, c'est que je me tape quotidiennement 14 gouttes d'autres choses... Suspens... Du L52. Le comble? J'ai choppé la crève avant hier. Dans tous les cas, je pense pouvoir associer ma prise quotidienne de L52 et les quelques découvertes sympathiques que j'ai eu récemment comme : je sens à peine le sol, lorsque je regarde un piaf, nous communiquons assurément. Je suis un oiseaux chamane.
samedi 25 janvier 2014
Paris ça craint

“Je
suis assis seul dans le carré 4 places, à côté des portes du RER. Le
mec est petit et trapu. Son visage aurait probablement été agréable et viril s'il n'avait pas épilé ses sourcils dont les extrémités montent très
haut vers les tempes sans jamais redescendre. Ça lui donne plus l'air
"pervers pathétique" que "sociopathe sournois" ... Suffisant pour faire
flipper les nanas apparemment (salutations à toutes celles qui ont le
sentiment de vivre dans un monde d'hommes frustrés) Une 1ere, assez
galbée pour son jeune âge, trop mise en valeur... carrément allumeuse,
se fait intimider par ce mec qui la poursuit silencieusement en faisant
mine d'être intéressé par le plan depuis trop longtemps pour être
crédible. Ses allers-retours derrière la nana ne laissent aucun doute
sur ce qui l'intéresse. Elle longe plusieurs fois le wagon sans demander
d'aide aux gens qui l'ont remarqué mais continuent leurs petites
affaires. J'assume de l'interpeller après que son popotin soit passé
devant moi pour la 3eme fois. Je lui assure qu'elle peut descendre du
train sans crainte, j'empêcherais que le type la suive. Il m'a vu, alors
il est resté à l'autre bout de la rame. Je le rejoins, au cas où il
veuille descendre, tout en regardant la nana théâtraliser sa fuite. Il
sait qu'il a été grillé mais joue l'innocent et me demande dans un
Anglais de Roumain pompète
comment il doit faire pour rejoindre une station qu'il a l'air de
choisir au pif. Je lui explique qu'il suffit d'attendre 5 arrêts et vais
m'asseoir. Rebelotte avec une seconde nana, pas vulgaire pour un sous,
qui vient de monter. Dans le tram, les mêmes personnes qui ont assisté à
la 1ere scène. C'est dingue, encore une fois personne n'intervient, la
fille n'ose pas demander d'aide. Je lui dis de s'asseoir à côté, qu'il
ne lui arrivera rien, qu'elle ne devrait pas hésiter à interpeller les
gens, que la plupart sont bons et lui viendront en aide... La blague.
Les autres sont trop occupés par l'image qu'ils se donnent pour oser
intervenir. Le pervers, on dirait un gamin amoureux qui a un peu honte
de ne pas réussir à cacher son gros béguin. Évidemment qu'il pourrait
être dangereux dans un autre contexte, mais avec autant de gens dans le
train, l'intervention ne tient pas de l'héroïsme. Mais non, les gens
entretiennent leur dédain. Ils affichent leur bonnes mines, sortent la dernière blague qu'ils ont entendu, parlent d'eux mêmes de la même manière que la société leur à
appris en faisant abstraction de leur honnêteté. Tout n'est qu'un lâche
consensus pour se complaire. Il ne faut même plus dire ce qui va mal,
sous peine de casser la petite ambiance, aux yeux des gens qui vous
connaissent mal bien entendu. Ces gens qui vous jugent égoïstement vite
préfèrent entretenir leur confort plutôt qu'enlever leurs œillères,
s'ouvrir à la critique constructive, prendre des risques,
intervenir quand quelqu'un se fait emmerder, comme si relever les
défauts de quelque chose signifiait que tout était foutu..
Pour
le coup, le mec tente de descendre en même temps que la nana. Je le
pousse en le questionnant sur sa destination, ses projets ce soir... Il
sort les mains de ses poches, je crains qu'il veuille me frapper alors je le repousse en le menaçant "stop your
shit ! " Je vais m'asseoir. Je suis tellement énervé par le manque de
réaction autour de moi que je retourne m'acharner sur le mec, parce
qu'il est le seul à me paraître vivant. Je le prends en photo dans
l'espoir que ça le fasse rentrer chez lui, dessaouler et prendre
conscience à quel point il est rassurant de ne pas s'attirer des
problèmes juste parce qu'on est tombé dans une société incapacitante. Je
me dis, peut être
qu'il tente d'avoir des relations forcées car personne ne lui parle.
Personne ne lui parle quand il cherche un regard dans un bar surchargé.
Personne ne lui parle quand il poursuit une femme dans une ruelle
sombre. Ce mec a tellement peur de ce silence qu'il tente de le gommer
avec un regard sur-épilé.
Son personnage est tellement bancal et apeuré qu'il parait encore simple de l'aider, avant qu'il ne s'oublie dans un rôle plein d'assurance et encore plus dangereux. Tout ce que j'ai réussi à faire, c'est prendre une
photo de lui et baragouiner en Anglais qu'il devrait aller dormir au
lieu de vivre dans une errance pleine de gouffre (avec des mots
normaux). C'est trop con, mais au moins j'ai levé mon cul.”
jeudi 23 janvier 2014
Batofar
J'y suis retourné. Ça faisait 8 mois que je n'avais pas remis les pieds ici. 8 mois de peut être, finalement non, où alors je passais de temps en temps juste à côté, après avoir longé les quais pour boire du soleil dans un verre préfigurant une expérience de déformation...
Dans le train, je me revois sauter les tourniquets, composter mon ticket, passer les portes ouvertes, tout seul, mal accompagné, mieux accompagné, sobre, bourré, défoncé, en monté, en descente, heureux, dans le bad. Loin des frasques amères de la nuit, l'impulsion de ce soir avait une douce odeur vanille (j'ai vraiment sentis la vanille), désireux de renouer avec les sentiments qui m'avait conquis lors de notre rencontre, les soirées et moi. Juste, le plaisir de danser, de flâner sur le tempo, rien d'autre. J'ai la sensation de retourner voir une ex. Mon cœur s'emballe. Mais abandonnant tout projet de sociabilisation, je retrouve ma quiétude. Ne pas ressentir ce désir m'apaise. Pas de mots, pas d'erreurs. J'observe les autres jouer avec leur image. Ca me fait ni chaud ni froid. Non... peut être est ce que je m'amuse. Oui je m'amuse. C'est comme regarder un spectacle. Quand l'un des acteurs croise mon regards, j'aime voir s'il gardera le cap. La plupart tiennent, même si je perçois certains vacillement, quand ce n'est pas un sourire complice qui nous lie "toi et moi, on sait ce qui se trame"
La danse, comme les 1ere fois. La musique me suffit. Je provoque la jeunesse superficielle sans qu'elle puisse m'atteindre. Dorénavant je connais ses pièges. Je n'ai pris aucune drogue, je n'ai pas cherché à intégrer la société du vide, à m'y faire des amis ou des ennemis, je suis parti avec suffisamment d'énergie, plus tôt qu'à l'habitude, un bon livre pour le retour.
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