jeudi 17 avril 2014

Clochards silencieux

Il y a des clodos qu'ont décidé d'être des hommes. Ils boivent sur les pièces qu'on leur donne et errent dans d'autres temps. Ils se grattent la peau des bras en les regardant, portent à leur bouche des intempéries pour immerger la pluie. Parfois ils beuglent, hilares et colériques, des froncements de sourcils aux enfants que nous sommes. Parfois, ils se taisent pour ne pas être trop francs, parce qu'on est susceptible derrière nos coutures. On dit des clodos qu'ils sont décousus et qu'ils puent parce qu'ils n'ont pas effacé leur odeur. Parfois ils se cassent la gueule pour un sac de bouffe. Souvent la fatigue leur fait abandonner toute esbroufe sur un bout de pavé qu'ils sont les seuls à toucher. Ils voyagent entre les murs qu'ont empilé des grues immenses. Ils tournent autour des miettes qu'ont laissé les empressements. Quelques clodos connaissent les recoins, d'autres les astuces, certains creusent dans la roche. Tous sont des humains qui connaissent les caprices du vent.
 

mardi 15 avril 2014

J'appelle "virulent débordement du constat" ces moments où je m'adressais directement à mes sens et où je leur imposais de recevoir une force, ces moments ou j'ouvrais les bras en criant aux ténèbres de m'attaquer, ces moments où j'eus la sensation d'être libéré de mes peurs, une lutte ou les frissons étaient exponentiels aux provocations, pour me donner suffisamment de force pour le futur. "Prends moi !" Rien d'invisible ne m'attaque. C'est que dans la vie, tout est là. Le mal est une invention. Le diable est une invention.

lundi 14 avril 2014

Je viens de recevoir mon dossier médical. Le foyer m'ayant accueilli durant 4 ans l'avait perdu lorsque je suis parti. Je n'en avais jamais pris compte, mais en grandissant, je souhaitais comprendre ce qui m'était arrivé, ce que mon traumatisme crânien avait généré de problématique. J'avais bien des idées, mais il fallait que ces documents confirment mon intuition, parce que c'avait gâché beaucoup de choses sans que je puisse en parler. Au fond, je voulais des mots expliquant la logique de ma tristesse. D'où venait elle ? Après 6 ans de frustration durant lesquelles toutes mes questions fixaient la vacuité d'une expertise médicale, je décidai d'appeler le foyer pour les forcer à retrouver mon dossier. Ils avaient remis la main dessus et me le retournèrent. A peine le postier me donna le dossier que je l'ouvris. Je fouinai un peu hasardeusement à la recherche d'une lésion source au cerveau. "tristesses" "passivité" "lenteur"... J'ai entendu ces mots toute ma vie. Comment se fait il que c'était déjà vrai à cet âge (j'ai eu mon accident à 3 ans)? Je ne veux pas que vous remarquiez cette tristesse, je veux qu'elle vous alarme ! Quelle est sa source !? Rien. Rien d'autre que des choses que je savais déjà. Une infériorité du langage, un défaut de l'attention, des capacités, une supériorité visuel... Mais rien qui n'explique cette tristesse précoce, si ce n'est son prolongement. Ils écrivent que Gu. aura besoin d'attention, de soutien... Je n'ai ni eu droit à ça, ni à aucun traitement normal, mais au divorce de mes parents baignant dans le ressentiment, à une relation destructrice avec ma mère, à une adolescence délaissée dans un foyer, à la rudesse de l'incompréhension, à la colère qui monte et qui explose, la violence omniprésente, aux pleurs quotidiens, à la banalisation de mon état, à la guérison forcée, fissurée de mensonge... A ma culpabilité. J'ai vu la lumière et je m'en veux de ne pas la garder constamment près de moi. J'ai l'impression d'être plein de caprices, c'est plus fort que moi.

jeudi 27 février 2014

Et bla et bla et bla

Certaines personnes parlent trop tout le temps. Elles sont tellement soucieuses de leur identité, tellement peu confiantes de ce qu'elles projettent qu'elles tentent de canaliser leur paranoïa par l'autorité de leur mot.

mercredi 26 février 2014

Larmoiement sur vinyle

Incroyable. Quel envol. L'élan qui m'a saisis, jusqu'à flancher contre sol, jusqu'à exploiter les ridicules sillons de la pierre, pour finalement défiler à toute allure devant les parterres encombrés de latin, suffire la figure de la vitesse offerte, sans porter d'estime au but, juste, ne plus supporter la chute. Incroyable.

samedi 8 février 2014

La maison du bonheur

Ce que je veux c'est une grande maison ouverte en pierre où les gens pourraient venir se ressourcer. Il n'y aurait pas d'aspect commercial mais beaucoup d'amour et ça serait un endroit ou l'on aurait plaisir à se connaître, à se guérir, à apprendre. En entrant on passerait devant de larges lavabos et une grande table à manger en bois. Au fond, la longue pièce se prolongerait en dortoir d'ami avec des lits se faisant face. Pas de porte, mais un épais rideau bordeaux. Le respect, la quiétude instaurés et la taille de la pièce suffiraient à isoler du bruit et de la lumière afin que l'on puisse trouver facilement le sommeil. Et puis, la maison se voudrait un doux lieu de vie ou le passage de chacun serait rassurant pour les autres. La journée, tout le monde serait en train de travailler au champs, ou à lire un livre, ou à écrire, ou à écouter de la musique ou à en jouer... Dans le but de communier, de se connaître un peu mieux, de mener une recherche ou de flâner. On aura le droit de demander de l'aide mais l'intérêt de la journée sera de s'affairer simplement. Plus la journée se sera déroulé, plus les gens se retrouveront pour finalement échanger simplement sur ce qu'ils ont fait et ressenti. Les remarques de chacun seront bienvenues, et il n'y aura jamais de jugement négatif sur ce qui a été fait, et dans tous les cas, rien ne méritera que l'on se sente blessé. Nous nous efforcerons toujours à la réconciliation et conseillerons pour les lendemains. Si les conseils n'étaient pas suivi, il n'y aurait aucun ressentiment et toujours la résignation du détachement sinon une complète acceptation, une totale confiance. La confiance serait le maître mot.

mercredi 5 février 2014

Mais quel gogole. Je fouille ma petite boîte fourre tout à la recherche d'une carte sd, et là, je tombe sur la boite de zimma D que j'avais acheté sur les conseils d'un ami (pour palier aux carences de vitamine D dues au manque de soleil) le truc que je croyais prendre tous les jours depuis un peu plus d'1 mois... Mais si le flacon est là, c'est que je me tape quotidiennement 14 gouttes d'autres choses... Suspens... Du L52. Le comble? J'ai choppé la crève avant hier. Dans tous les cas, je pense pouvoir associer ma prise quotidienne de L52 et les quelques découvertes sympathiques que j'ai eu récemment comme : je sens à peine le sol, lorsque je regarde un piaf, nous communiquons assurément. Je suis un oiseaux chamane.