mercredi 6 janvier 2016

Voir l'autre... création constante

"Est ce que tu t'ennuies avec les gens parfois, même ceux que tu aimes le plus? Essais tu d'entretenir ou de raviver ton goût pour eux ou laisses tu les choses se faire toutes seules?"

"Raviver, raviver!
Je pense qu'il est possible de redécouvrir l'autre constamment si on l'aime, pour ça il faut s'autoriser à se surprendre soi dans nos réactions face à ce que nous renvoie l'autre, changer les schémas qu'on construit dans notre tête et se dire qu'une vie ne suffit pas pour connaître quelqu'un. Alors autant se passionner constamment et ne pas fixer nos idées.
[...]"

"Tu as raison... Les sentiments, c'est aussi une question d'imagination, de créativité. J'ai du mal à ne pas ressentir la routine avec certaines personnes, à leur trouver de l'intérêt quand j'ai l'impression qu'elles se complaisent dans leurs certitudes. Au fond, elles me renvoient à mes propres démons. Même quand je suis léger j'ai du mal à créer des liens et les raisons sont profondément ancrées en moi. Elles ont fait de moi un idéaliste et un exigeant pour justifier mon quotidien. Il faut juste que je trouve l'équilibre et que je ne m'enferme pas en moi même, que mon désir d'exigence soit celui de mieux voir l'autre.
[...]" 

dimanche 3 janvier 2016

J'aimerais être le Juré n°8 dans toutes les situations... 

Mon critère numéro 1 d'un bon film, et d'une œuvre en général, est: le regard artistique, le parti pris. Il donne la légitimité d'une œuvre à mes yeux. Un artiste privilégiera toujours une intention personnelle avant des attentes extérieures (la renommée, le nombre d'entrées...) qui dépendent souvent d'acquis qui, en plus de ne pas prendre de risques, gênent l'évolution culturelle et intellectuelle en complaisant le monde dans sa zone de confort. Plus que les mauvais essais d'artistes, je répugne les œuvres qui ont d'avantage été écrites pour les producteurs qu'avec le coeur. Entre autres, je rechigne la plupart des œuvres Hollywoodiennes pour cette raison. La plupart... Car d'autres de mes critères peuvent parfois s'y trouver.

Mon 2eme critère rejoint le premier. L'engagement. Dans un monde ou la dissimulation et le mensonge planent, être sincère, c'est être engagé. Comme la sincérité est pour moi une nécessité, je rechigne assez les œuvres dont l'émotion n'est pas authentique, rendant un propos pauvre, mécanique. Je parle toujours de cinéma, mais pas que. Je parle de tout, car pour moi un bon artiste vit son art comme sa vie, et sa vie comme son art.

Mon 3eme critère et non le moins important, est l'optimisme. Si j'apprécie des œuvres regroupant mes 2 premiers critères, j'estime tout particulièrement celles suffisamment contrastées qui, au milieu des plus grandes difficultés individuelles (physiques et spirituelles), sociétales ou institutionnelles, délivre l'espoir, la créativité, l'amour.

jeudi 6 août 2015

J'ai vu l'expression d'un amour illimité entre une mère gitane et son enfant. C'était dans le train. La mère, tantôt tenait son gosse, s'amusant et lui donnant plein de baisés tandis qu'il s'étirait, riait et regardait les gens, tantôt elle le laissait tester son jeune équilibre autour de la barre transversale qu'il tenait fermement entre ses petites mains. Quand elle le repris il chouina. Elle rigolait alors le gamin essaya de lui mordre le bras avec ses gencives à peine dentées. Elle riait de plus belle en se défendant contre ce petit corps agile qui se débattait entre ses bras, et le gamin faisait semblant d'être en colère avant de rire de plus belle. Je n'ai pas pu m'empêcher de comparer cette scène à celle vue plus tôt, où une mère fessa banalement sa gamine qui courait dans tous les sens en riant. Sa petite tête blonde avait perdu tout sourire et baignait sous les larmes. Pourtant elle était encore une enfant lumineuse. Combien de temps avant que sa mère ne tue cette lumière en humiliant cette facilité de vivre, de tester, de jouer? Je repense à cette gitane, à la manière que certains gitans ont de rire, à ces gosses aux dents pétés qui voulaient me vendre des branches d'arbres dans la rue, à cette ado dans le TGV qui s'écrivait sur les bras et allait fumer dans les chiottes, à ce bouquin sur les gitans, à ces films sur les gitans, à la musique des gitans, un genre de hippie les gitans, cajolant leur vie bohémienne, leur citoyenneté orpheline, leur liberté intouchable.

mercredi 8 juillet 2015

Pour t'aimer sans un écart
Il n'est jamais trop tard

Nos oriflammes s'enflamme
J'ai pas d'patrie, rien qu'une âme

Jconnais le goût du blâme
Je m'en éloigne et je ricane

La morale m'est égale
Je suis un Animal!

Plus d'un soleil a vu le beau 
Quittons la cour des pros

En bas dla tour sommeille la vie
"Blesse le papier" surgit l'esprit!
Si les infirmes peuvent voler
Les crapules peuvent aimer

dimanche 21 juin 2015

Et après la vie? On s'en fou !

En l'absence d'une réponse satisfaisante, l'instinct et l'imaginaire interprètent le potentiel de milles réponses. Croire, c'est surinterpréter ce potentiel pour ne choisir qu'une réponse et et la mettre plus haute que les autres. Les croyances rassurent. Elles sont de bons repères là où il n'y avait que le vide d'une question. Nous n'avons plus qu'à répondre d'elles, à y tourner nos pensées, nos actes. En l'absence d'arguments tangibles, la croyance fige sont autorité dans les esprits les plus frileux. Ceux là deviennent dépendant de cette autorité et tuent leur liberté par deux fois: L'autorité écrase leurs désirs (je veux) au profit de la morale (je dois) et la croyance procède à l'aliénation de leur imaginaire.

J'ai tenté de me rassurer de la mort en imaginant qu'il pouvait y avoir autre chose après, comme tout le monde. Je voulais me consoler de la vie. Mais je suis sceptique. Je ne peux me satisfaire de théories. La magie immense de la vie ne prouve rien sur l'après.

L'homme à la capacité de créer des questions sur tout. Certaines vérités observables nous enseignent comment les choses interagissent. D'autres, plutôt que des vérités, sont un consensus qui nous servent à communiquer. Le reste sont des croyances plus où moins rassurantes. On devrait toutes les accepter, moins en tant que réponses que comme questions. Questionner est un jeu. S'accrocher aux réponses imaginaires de questions irrésolues c'est être mauvais joueur.

C'est comme répéter effrontément que la magie n'existe pas, ou que le monde s'est toujours manifesté tel que nous l'observons. Si la définition d'un mot se veut généraliste, son interprétation est toujours relative, surtout pour les concepts, les idées. L'interprétation la plus commune du mot "magie" est intéressante. Elle renvoie à l'idée de "surnaturel". Nous appelons "surnaturel" ces choses dont personne n'a constaté l'existence. Cette définition s'attache à la croyance que la magie n'existe pas et en fait un concept superficiel. Mais "magie" veut il seulement dire surnaturel? Les poètes pensent que non. Et "surnaturel" signifie t il nécessairement impossible? La boite à image que nous appelons télévision aurait paru assez surnaturelle durant le moyen âge. La science continue chaque jour de basculer le surnaturel dans le champ du possible. Et si nous remontions dans le temps? Qui peut réellement prouver que les textes mythologiques ou religieux ne relatent pas quelques faits "surnaturels" ayant véritablement eu lieu? Qui peut prouver qu'un minotaure n'a jamais existé? Ou qu'un homme n'a jamais séparé la mer en 2? Avec assez d'imagination, on peut trouver tout un tas de raisons pour expliquer que ce fut possible l'espace d'un moment...

Pourquoi s'endetter d'incertitudes quand on peut juste se nourrir d'imaginaire et d'humilité? L'orgueil veut posséder toutes les connaissances et, du coup, s'en éloigne. La pertinence comprends celles qui lui sont utiles et accessibles. L'imaginaire rêve les autres, attendant une belle rencontre, lorsqu'une nouvelle vérité, confiante, aura décidé de se poser sous notre fenêtre.

mardi 9 juin 2015

Les bateaux quelques fois, n'ouvrent point élancé, n'attachant pas les voiles, et subissent pensées
Les grands mâts des paquebots, sont tuyaux de poussières, qui s'abattent roseaux, aux couleurs prisonnières
Sous la plage de sable, éloigné de toute onde, douloureux animal, caressé par la trombe
La pluie, ça me donne envie de courir, de crier, d'écouter du rock, un rock puissant et profond, du post rock, sur le bord de la mer, le vent qui se déchaîne, le boucan des éléments, je veux être animal, rugir sous les éclairs, fermer les yeux, frapper dans le sable et la flotte, tout balancer en l'air. Ce n'est pas de la violence, ce n'est pas un acte mais un mouvement, l’énergie inépuisable de La Vie qui s'effondre sur moi, je veux m'effondrer, ne rien retenir, délivré de toutes défenses, vulnérable rien qu'à ça, Dieu qui s'abat sur moi, qui me prend dans sa bourrasque, si soudainement et enfin. Je veux que la nature me viole, me déviole de moi, de mes pensées humaines.