jeudi 9 février 2017
mercredi 1 février 2017
Boum boum
Elle reste quand plus rien ne m'appelle. J'irais y fondre ma solitude, puisque personne ne m'appelle. Je l'ai tant rechigné, la boite de danse, les boum boum toute la nuit. Mais elle est là et je ne veux pas dormir. Seul, c'est mon lien avec le monde. Je vois, je sens, je chante, je crie, je danse, parce que je suis seul. Quand l'espoir m'a divisé, morcelé dans le temps, pour la millième fois, je me rassemble. Seul.
C'est la 1ere fois. C'est la dernière fois. Ferme les yeux. Sors. Sors. Respire. L'onde pénètre le cœur, pulse dans tout le corps, expulse la mort, s'échappe hors les limites envahissantes, traverse les viscères invisibles, rencontre la sentence, inonde la sentence, déborde, fracasse la bulle, disperse la bulle, tremble à tous les temps, à tous ce qu'on ne voit pas, se jette contre les murs, les murs vibrent aussi, monde déferlant, respiration haletante, ton dos qui se courbe, ton dos la bête, ton dos la tempête... respire encore... c'est présent... c'est absent.... respire... ne vois pas le fond... respire... il n'y a pas de fond... respire... c'est si lent, l'espace... respire... si profond, le noir... respire... la joie, la peine, l'amour, la haine... rien n’apparaît... respire... rien n'est divisé. Affleure sans heurter. Épouse sans figer... feuille dans la brise... flocon qui s'épuise. Dors enfin. Vogue enfin.
Danse enfin...
Boum boum boum
Danse enfin...
Boum boum boum
mardi 31 janvier 2017
L'amour du plus lointain
Tram, 7h, heures du soir, journée tiède et pluvieuse. Deux femmes se fâchent. L'enfant de l'une d'elle a malencontreusement bousculé celui de l'autre. Agacée, celle ci fait une remarque, l'autre réplique. Petits piques glacés planant au dessus de nos têtes, acerbes et civilisées en même temps. Les accompagnants, hommes et enfants se regardent, désemparés par la situation qui s'envenime à petits pas assurés. Cela reste rationnel. Idiot, mais rationnel : toutes deux tiennent à avoir le dernier mot, c'est une question d'honneur. Mais les remarques sont de moins en moins polies, et le conflit, de plus en plus tribal. Puis finalement, elles se taisent. Gêne public. Tout le monde retient son souffle... le silence pèse... le tram est dépassé par des piétons... Pitié, que quelqu'un rompt ce silence. Mais personne ne bronche. Alors... l'une des deux femmes à un mot. Le mot de trop. Toutes les goupilles sautent. Les gens s'agrippent à ce qu'ils peuvent: sac à main, barre transversale, main du voisin... les autres ferment les yeux, quelques preux chevaliers ont déjà quitté leur siège pour protéger les plus faibles. Va y avoir du sang. Mais au moment où elles vont se sauter dessus, tel un anticyclone divin transporté par la fougue de milles oiseaux d'un blanc pure et aveuglant, l'un des 2 hommes s'interpose et dit "Aujourd'hui nous sommes ici... mais peut être pas demain. Essayons de faire les bons choix" Elles en sont restées là... Peut être se sont t elles souvenus que leurs enfants les regardaient.
Si nous devions mourir demain et laisser une dernière musique à l'enfant qui nous regarde, une note indélébile qui se suspendrait dans son esprit... quels sont les choses que nous serions prêt à faire ? Que la réponse deviennent notre unique condition.
L'essentiel est l'enfant.
"Plus haut que l'amour du prochain est l'amour du lointain et du futur"
Nietzsche
Nietzsche
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