"J'avais qu'un rêve mon extase
Courir jusqu'à en être naze
Et puis mourir d'épuisement
J'voulais sortir de la case
Changer d'titre et de blaze
Bifurquer loin dans le temps"
Poitrine serré, ton cœur convulse
Tes rêves blessés qui t'impulsent
A te satisfaire de pas grand chose
Médiocre plutôt qu'humble, tu te surdoses
De programmes à la con
Et de jugements monolithes
Des relations de surface
Qui t'invitent
A pas faire d'vagues, un ptit détour à prague
Tuer le temps plutôt qu'plonger dans tes arcanes
A tous les égos blessés
Qu'ont du mal à s'élever
A toute gorge serré
J'aimerais vous sevrer
On est pas né au 7e ciel
Mais dans une couche en plein bordel
Le regard fou, le cœur rebelle
Une matrice cicatricielle
L'humain minaude sur sa connerie
Joue les marioles désabusés
Mais si seulement il voulait bien
S'arrêter de geindre et écouter
Si le monde n'est pas mort
Il ne fait qu'nous résister,
Les oiseaux naissent pour s'envoler
Quj'en vois en cage et j'vais vriller
Nos oriflammes s'emballent
J'ai pas d'patrie, rien qu'une âme
J'connais le goût du blâme
La morale m'est égale
Plus d'une étoile a vu le beau
Quittons la cour des pros
En bas dla tour sommeille la vie
"Blesse le papier" surgit l'esprit!
Pour nous aimer sans un écart
Il n'est jamais trop tard
Si les infirmes peuvent s'envoler
Les crapules peuvent contempler
Notre impudente jovialité
Est la porte du vivant
Il arrachera l'ongle incarné
Et fera revivre nos cœurs d'enfants
Nos points d'sutures sont les ratures
D'une utopie sans boursouflures
Ou carpe diem est souverain
Et ou je t'aime se dit sans fin,
La vie d'bohème est dans le vent
Embrasse le vide, disperse les rangs
Dors dans les rides que cachent les gens
Dans leur sommeil, des rêves d'enfants
lundi 27 août 2018
Erotisme
Un jour j'ai dit "l'Art consiste à trouver qui l'on est en même temps
qu'une manière de le dire au monde" Non que j'ai changé d'avis depuis,
mais l'idée ne précisait pas assez son lien étroit avec la blessure
inhérente à l'individualité. L'Art est la recherche de ce qui semble
beau à nos yeux et dont nous devons nécessairement faire parti. L'on
cherche à incarner une vision, tributaire d'un rapport unique entre nos
mondes, définissant les conditions de notre recherche où l'humain est
capable de créer une beauté relative à absolument n'importe quoi - la
terreur, l'absurde, l'amour, la joie, la compétition, le silence, la
cuisine, la corrida etc... - pourvu qu'elle le satisfasse d'un certain
dépassement de lui même lui procurant et transcendant sa solitude. Tout
peut être prétexte de cette recherche, comme j'ai pu trouver beaucoup de
beauté dans la tristesse, la mélancolie. Comme il a été le sentiment
qui dominait le plus en moi, il était cohérent que j'y trouve une
raison d'existence, une légitimité. Chercher cette beauté "à travers
soi" est la tentative de nous rendre intelligible, à nous même et puis
aux autres, afin de permettre à tout ce qui nous constitue d'être
représenté dans un geste, et de recevoir la preuve sensible, la
validation du vivant, comme un vent continuel d'apaisement sur
l'ensemble des évènements constituant notre mémoire émotionnelle. Je
gage que chaque acte cachent cette intention d'entendement et de
reconnaissance, cette recherche de beauté dans les actes même les plus
suicidaires.
mercredi 11 juillet 2018
Pourquoi est il possible de croire que le
crime est évitable avec la sévérité d'une justice qui inflige
frustration, peur et culpabilisation? Pourquoi une justice qui prends en
compte chacune des parties et s'attelle à toutes les réparer ne serait t
elle pas efficace? Pourquoi est il plus aisé de penser à une punition
plutôt qu'à une guérison? Pourquoi est il possible de croire en
la répression plutôt qu'en la prévention? Pourquoi est il possible de
croire que le crime d'une personne s'est mué dans les pires intentions
plutôt que dans la souffrance et l'ignorance, en réalité, faisant du
coupable une victime? Pourquoi est il possible de voir la justice comme
une guerre entre deux parties plutôt qu'en la coopération d'un seul
ensemble? Comment est il possible de croire en une méthode dont on
connaît les injustices plutôt qu'en une justice révolutionnaire,
sensible et intelligente?
Je rêve d'un monde ou les coupables sont réparables,
On a tous été victime de quelque chose
Aucun enfant ne né avec la connaissance d'un crime, ce sont les averses qui entraînent le déluge.
dimanche 1 juillet 2018
« Le 13 juillet 1937, Marian Anderson s’est vu refuser le droit de séjourner à l’hôtel « Nassau Inn » pour l’unique raison que sa couleur de peau n’est pas celle des dominants sur ces terres volées que sont les États Unis d’Amérique. Depuis, j’ai pris la liberté d’inviter Marian Anderson à loger chez ma femme et moi même durant ces déplacements artistiques à Princeton. Elle a aimablement accepté.
Au regard de cet évènement, je souhaite déclarer publiquement que, dorénavant, je refuserais de côtoyer l’hôtel précité, comme je le refuse pour tout établissement incapable de courage face aux mœurs violente de leur époque et faisant preuve d’un outrage insupportable lorsque, sur la base de la colorimétrie, l'espèce, la race, le sexe ou les idées d’un individu, exclue celui ci sans concession et sans démontrer que ces caractères contiennent quelque chose de violent dans leur fondation.
En outre, je souhaite prévenir mes camarades : S’il apparaît que ceux ci continuent de fréquenter pareils établissements tout en étant informé de leur intolérance envers l’individu innocent, je serais dans le devoir le plus formel d’abolir toute forme de sympathie à leur égard. Bien que n’étant pas la victime de ces agissements, je sens que ça aurait pu être le cas. J’aurais pu naître africain, asiatique, femme, nain, chat, chien ou que sais je autre forme de monstruosité aux yeux des sentiments dénigrants et moqueurs. Et même sans cela, tous les indices de la haine démontre leur curseur aléatoire. Si aujourd’hui et ici je suis admis, demain et ailleurs je serais bannis. Je me sens intimement lié à n’importe quelle victime des diktats. Savoir que je suis né juif et que ma communauté souffre des lubies d’un tortionnaire en Allemagne, cela ne change rien. Je n’ai pas à me sentir juif pour me sentir humain. Dés lors, quand un être vivant est persécuté sur la simple base de son aspect ou de ces capacités, je suis également persécuté. L’autre sera toujours une partie de moi même. En conséquence, si mes amis continuaient de côtoyer de telles institution, ils trahiraient profondément notre camaraderie. Et pour quels avantages ? Le confort d’un hôtel. Ces gens seraient donc les représentants de la médiocrité en matière d’amitié et en questions humaines. »
Albert Frankeistein
Au regard de cet évènement, je souhaite déclarer publiquement que, dorénavant, je refuserais de côtoyer l’hôtel précité, comme je le refuse pour tout établissement incapable de courage face aux mœurs violente de leur époque et faisant preuve d’un outrage insupportable lorsque, sur la base de la colorimétrie, l'espèce, la race, le sexe ou les idées d’un individu, exclue celui ci sans concession et sans démontrer que ces caractères contiennent quelque chose de violent dans leur fondation.
En outre, je souhaite prévenir mes camarades : S’il apparaît que ceux ci continuent de fréquenter pareils établissements tout en étant informé de leur intolérance envers l’individu innocent, je serais dans le devoir le plus formel d’abolir toute forme de sympathie à leur égard. Bien que n’étant pas la victime de ces agissements, je sens que ça aurait pu être le cas. J’aurais pu naître africain, asiatique, femme, nain, chat, chien ou que sais je autre forme de monstruosité aux yeux des sentiments dénigrants et moqueurs. Et même sans cela, tous les indices de la haine démontre leur curseur aléatoire. Si aujourd’hui et ici je suis admis, demain et ailleurs je serais bannis. Je me sens intimement lié à n’importe quelle victime des diktats. Savoir que je suis né juif et que ma communauté souffre des lubies d’un tortionnaire en Allemagne, cela ne change rien. Je n’ai pas à me sentir juif pour me sentir humain. Dés lors, quand un être vivant est persécuté sur la simple base de son aspect ou de ces capacités, je suis également persécuté. L’autre sera toujours une partie de moi même. En conséquence, si mes amis continuaient de côtoyer de telles institution, ils trahiraient profondément notre camaraderie. Et pour quels avantages ? Le confort d’un hôtel. Ces gens seraient donc les représentants de la médiocrité en matière d’amitié et en questions humaines. »
Albert Frankeistein
mercredi 20 juin 2018
So.
Je t'aime comme le chuchotement des dernières gouttes de pluies. Je t'aime comme le soupir des premiers rayons sur l'eau. Je t'aime comme nous échappe quelques couleurs, comme la tige maltraitée des fleurs. Je t'aime comme un rire frigorifié, comme un nombril mal assumé. Je t'aime comme le temps tourne trop vite. Je t'aime comme on s'abrite n'importe où. Je t'aime comme un hoquet électrique au milieu d'une tempête hystérique. Je t'aime comme un final en apothéose, le ciel qui pleure et rit en même temps, comme une voiture qui explose, ses roues tournant infiniment.
mercredi 28 mars 2018
Manif bazard
Je ne suis pas content de cette journée de manif du 27 mars. Franchement, le dernier truc dont j'ai envie est d'adopter un un ton moraliste, mais face aux événements d'hier je ressors l'évangile de bonne conduite parce que y a deux trois truc que je n'ai pas digérer, vu la hargne avec laquelle d'aucuns m'avaient convaincu de leurs rêves de fraternité de respect et tout le tralala. Bien sûr je me rappelle que personne n'est surhomme, que même bien intentionné au départ, nos failles, ça nous fait parfois déconner, surtout dans un truc aussi passionnant que les luttes sociales. Je ne suis pas content et en même temps je n'en veux à personne. Il en reste que je me suis sentis dénigré par l’événement que je vais décrire. Je tiens aussi à informer un peu sur les paradoxes des causes qui nous rassemble. A bon entendeur.
----Une manif "narmole"----
Après une AG copieuse (6h... j'me plain pas, c'est bien le temps qu'il faut pour nourrir une utopie) et un effort de démocratie convaincant où tous eurent l'occasion d'exprimer infos, rumeurs, émotions, convictions, joie, peur... et de voter directement les décisions - autant le dire, une démocratie plus vraisemblable que l'"officielle", l'illégitime- nous sommes donc partie manifester, zigzaguant dans artères Montpelléraine, direction l'hôtel de police, symbole trahi et violemment bafoué de notre sécurité / liberté. Bloquer les rues, entre autre pour adresser notre soutiens aux tyrannisé de jeudi soir, avait quelque chose d'euphorisant, comme si le cancer que j'ai dans l'âme se résorbait petit à petit. On regrettait l'absence de tambours. Qu'à cela ne tienne, parfois on dansait. Pas longtemps, c'était crevant de danser sur des slogans et puis tout le monde clopait. "Travaille consomme pis ferme ta gueule!" J'étais plutôt d'accord avec celui là, bon résumé du diktat du travail et notre aliènement à la consommation. "La rue est à nous" Ouai, c'est vrai que la rue, c'est l'espace public suprême en ville. C'est le liant entre moi et le voisin. Si la rue elle n'est plus à nous, nos rapports mutuels ne nous appartiennent plus non plus. Alors ok, la rue elle est à nous baby. Puis franchement, ça me fait vibrer de le croire.
----"Les gens intelligent ne juge pas" Krishnamurti----
"Tout le monde déteste les fashistes" bon là, je commence à tiquer. Je commence à gueuler "tout le monde déteste le fascisME!" J'insiste bien sur le "SMEUH", on dirait un veau pas content. Puis je cris que je déteste pas les gens, même s'il sont fascistes, même s'ils m'ont déjà collé un pain une fois. Je les trouve cons, à la limite. Et encore, je sais pas à quel point. Faudrait que je les isole à tour de rôle et que je leur tire les vers pour comprendre les motivations de chacun. En fait pour aller plus loin, si tu captes que de A jusqu'à Z tout se conditionne, tout est réaction en chaîne, interdépendant, logique (la profonde, celle qui nous échappe de logique), tu n'arrives plus à juger. Tu t'opposes aux comportements violents, parce que c'est ce qu'il faut faire, mais juger les gens, tu le fais pas, ou alors juste parce que c'est rock n roll, ça te donne un petit air méprisant critique que certain trouve sexy, mais sincèrement, t'es pas beaucoup moins con que l'autre là. Moi j'ai pas le temps de tirer le portrait psychologique de tous les blessé de ce système. Y'en a qui se retrouvent militants, y en a qui s'abritent derrière un écusson, d'autres derrière le fric, la politique, certains finissent en zonz ou en asiles et quelques uns deviennent fashos. La violence que chacun à reçu, ça se compare pas, c'est des mondes en soi, c'est complexe, pas une science exact. En plus de ça, montrer aux gens que vous ne les catégorisez pas par rapport à leur conneries, ça a plusieurs avantages: premièrement, vous ne vous rendez pas malade (les préjugés, c'est foutrement maladif. Au mieux, ça ne bouffe que l'intelligence) Ensuite, vous faites passer le message à l'autre: Je m'oppose à une ou plusieurs de tes attitudes "mais j'envisage que tu puisses être autre chose" Vous lui laissez moins de place pour se braquer, plus de place pour se transformer, ou simplement réfléchir. L'égo est moins titillé. La mathématique peut paraître débile mais elle m'a fait calmer des gars vraiment agressifs. Attaquer la partie la plus susceptible de l'homme, son égo, c'est somme toute mettre un beau bordel dans nos rapports. Perso, mon désir n'est pas simplement d'empêcher aux fashistes d'agir, mais au fashisme d'avoir des adhérents toujours plus violents, profondément embrigader, sans espoir d'un quelconque biais de réconciliation.
---Nique la prison---
"Pétel en prison" là je trésaille un peu et en même temps j'ai un doute . Je me dis, "prison" c'est leur manière de dire "justice"... ça peut se comprendre. Mais ensuite je déraille: "BA POURQUOI ILS NE DISENT PAS JUSTICE!" "Prison" c'est juste une conséquence de ce qu'on nous vend comme la justice. Pas sûr que la conséquence et le produit soit très légitime... Il y aurait beaucoup à dire à propos de la gestions de nos établissements pénitenciers (privatisation des services, insalubrité, corruption, maltraitances...) souvent la suite d'une justice castratrice dont la forme même était normalement un antidote à toute forme de rébellion. Ba non. Trop de failles vous dis je. Incorrigible. Bref, je ne me bas pas contre une forme d'emprisonnement, la réduction d'une chose libre à l'état de captive, pour en promouvoir une autre. La justice, ça se débat comme 6h d'AG, car c'est encore une utopie ici bas.
----All cops are beautifool?----
Enfin nous arrivons devant les quartiers de la haute discipline. En tenue de CRS, une bonne trentaine, calmement postée à l'entrée. Le groupe de manifestant garde une bonne distance, disons 20 mètres. Puis se joue une joute verbale à sens unique. La police ne bronche pas. Je ne suis pas d'accord avec certains slogans stigmatisant "tout le monde déteste la police" ("Police Pétel Fashiste complices" ne me gêne pas vu la conjoncture des événements récents") Au bout d'un moment je me dis que c'est absurde, eux juste là, avec l'impossibilité de discuter, à cause de la distance et de l'ambiance sonore. Alors quand une nana m'exprime qu'elle trouve ça craignos de s'avancer d'avantage, je ressens dans un flash un truc comme : "c'est certainement pas pour avoir peur que je suis venu ici, je ne suis pas mal intentionné, je ne suis pas con je ne vais pas leur foncer dedans, ils ne m'ont pas l'air d'avoir prévu de nous attaquer, ils tiennent simplement l'entrée, ils font actes de présence, l'ambiance n'est pas électrique, la place est suffisamment dégagé (sécurité visuelle), il n'y a pas de casseur" Je veux m'approcher pour parler avec l'humain derrière le blason. Je sais que ça peut paraître risible, mais je refuse de me perdre dans le constat morose que la police est irrattrapable. Pourquoi venir ici si c'est le cas? Le blason, c'est comme le théâtre: du virtuel, même si le virtuel peut faire mal. Je sors tout ce que j'ai de mes poches et le dépose au sol. J'enlève mon bonnet. Pendant deux secondes, j'hésite à me mettre en slip. Je sors l'intérieur de mes poches, montre mes paumes de mains et avance. J'arrive à 10 mètres d'eux, pas un seul n'a l'air de me prendre pour une menace, et voilà qu'un groupe de militant alarmiste me saute dessus et me force à reculer. Même pas le temps de m'expliquer qu'ils me tiennent "Qu'est ce que tu fous! Tu vas tout faire foirer!". Pour eux je vais déclencher la furie des flics. En faisant quoi au juste? Il ne me laisse pas vraiment l'opportunité de répondre. Je suis moins heurté de me faire alpaguer que par leur putain de stress contagieux, leurs injonctions, leurs peurs, alors que j'étais certain de pouvoir rester calmement à 10 mètres des CRS sans qu'ils aient d'avantage de raison d'intervenir. Rien ne démontrait qu'ils déchargeraient. Nous ne foutions pas le bordel, nous bloquions à peine le carrefour routier derrière nous, et surtout, il y avait une bonne visibilité. Je trouvais trop con qu'on se confronte comme deux grands murs sans chercher à se considérer en dehors des accusations habituelles. J'aurais essayé avant qu'on ne m'abreuvent de conseils et réprimandes paternalistes tout en m’empêchant de "les mettre en dangers". Quels danger? N'y avait il pas un risque dès lors que nous avons commencé à manifesté? Je note le même comportement oppressif que chez "l'adversaire", usant des mêmes arguments. S'il y avait un danger, je n'en étais pas un facteur direct, pas plus qu'eux avec leurs stress épidémique. Je n'empêchais personne de fuir si ça dérapait. Malgré nos graves divergences et leur position intimidante, je voulais regarder les CRS dans les yeux, sans haine, ne serais ce qu'à travers une question sans réponse. Je n'aurais pas insisté, j'étais pas imbécile, pas naïf, mais il me semblait que le geste était important, qu'un peu de crédulité pacifique avait déjà prouvé son efficience dans d'autres situations. Je n'ai pas eu l'occasion de l'exprimer, car on trouve toujours des raisons d’empêcher les autres de sortir du rang. Au final, nous sommes partis pour aider un squatt à ne pas être délogé, et personne ne voulait qu'on reste à l'extérieur du cortège. Plus libres de nos mouvements, même pacifiques, plus libres de prendre nos propres risques sans subir la peur des autres. Le risque individuel n'est t il pas toujours un risque collectif? La vie est un risque, mais l'austérité est partout.
----Don't forget make some trouble----
Au final, je suis satisfait de cette expérience car je comprends que le phénomène de peur est le frein à nos révolutions intérieures, là où nos rapports prennent leurs racines. Cette légitimité qu'on donne à sa propre peur, parfois se muant en mépris, c'est ce qui enclave notre appréciation d'autrui. Je prends aussi note du commentaires de mes camarades ce soir là "ce n'est pas le bon moment". Ils avaient aussi raisons. Il y a des moments plus propices pour parler à un policier. Mais tant que nous ne leur donnerons pas de considérations, il existera du mépris, il existera du clivage. Il y aura toujours des flics. Les flics ou les fashos ne sont pas le problème. Le système qui les éduque et les soumet l'est. Nos rapports font ce systèmes. Système de pensée, système d'oppressions, système de jugement, système de PEUR. Au delà de toutes les belles choses que j'ai aussi vu aujourd'hui, des qualités qui ressortaient durant nos débats, nos échanges, c'est aussi durant ces moments difficiles qu'il est nécessaire de faire preuve d'intelligence et de cœur, quitte à prendre un revers de la manche, je ne vois pas en quoi on régresserait d'avantage.
"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." Martin Luther King
vendredi 1 décembre 2017
Il est possible d'aimer le plus détestable des êtres, d'imaginer que le pire est pardonnable. Il est possible de trouver matière à avoir de la gratitude en n'importe quelle circonstance. Il est possible de faire le choix de s'attarder davantage sur les aspects utiles de chaque tort qu'il vous sera fait. Il est possible de dire non aux demandes qui semblent aller de soi sans ressentir ni culpabilité, ni humiliation, envers qui que ce soit dont soi-même. Les demandes banales ne doivent pas formuler notre conditionnement; aucune valeur d'altruisme, de solidarité ou de communauté ne peut nous priver de notre droit d'un "non sans justifications" si ce non, ni ne viole la liberté ni ne met en péril la vie. A l'inverse, il est possible de dire oui à l'impensable. Et si personne ne nous demande l'impensable, nous pouvons le proposer. Il est possible de tout abandonner, de tout recommencer, de chuter sans l'once d'une rancœur. Il est possible de donner encore plus à quelqu'un qui vous doit déjà beaucoup. Il est possible d'imaginer qu'en réalité personne ne vous doit jamais rien. Il est possible d'imaginer que vous devez tout aux autres, même à ceux qui semblent ne rien faire pour vous. Il est possible d'imaginer qu'il font beaucoup pour vous, alors qu'eux même ne s'en rende pas compte. Il est possible de rire à un enterrement comme il est possible de dormir dans un bâtiment public, de dire merci aux gens qui voudront vous dégager, quelles que furent leurs intentions. Il est possible de ne plus avoir à argumenter à propos de la souffrance. Il est possible de remplacer la peur par la joie sans rien refouler en soi. La joie n'est pas contraire à la souffrance, comme la peur n'est pas contraire au bonheur. Il est possible d'écouter une critique sans ressentir d'obligation de réponse. Il est possible de chanter sans paroles, planter mot sans définition, imiter les singes, et toujours garder sentiment d'intégrité. Il est possible d'écouter tous son besoin de liberté, de le sustenter sans jamais déroger à celui des autres, voir en nourrissant celui. Il est possible d'être souple au point de ne souffrir d'aucun contact, et que chacun de ses contacts deviennent l'alchimie nécessaire à une expérience qui libère, qui exulte, qui inspire, qui crée et qui rapproche de dieu plus qu'aucune religion. "Il n'y a pas d'amour. Il n'y a que des preuves d'amour" Pierre Reverdy
Inscription à :
Articles (Atom)