vendredi 18 octobre 2019

Bleus

Le premier coup frappa au cœur,
Ses joues brulaient, pleines de sueur
Quand la sueur frappa la corde
Frémit à peine la main de l'homme
Quand l'homme sourd frappa le fruit
La branche trembla sous le cris
Quand le cris frappa la femme
Geste invisible au goût de lame
Quand la lame frappa au ciel
A la recherche de l'éternel
Quand l'éternel frappa l'enfant
L'on n'entendit aucun volcan
Quand le volcan frappa l'ozone
Le sein meurtri de l'amazone
Quand l'amazone gisait au sol
Berçant le corps du rossignol

lundi 7 octobre 2019

Le cycle de la fraise est aussi intéressant debout qu'allongé. Il se meut surtout dans ses obliques. Voilà, je viens d'écrire une phrase, aussi spontanée et loufoque que si j'avais mâché un malabar Tongolais. Sauf que non. Mais l'important, c'est le costard. Il fait croire autre chose que ce qu'on voit. Un homme dans des tissus trop ceintrés pour réussir à danser le hip hop, mais pas la tektonik. L'on inventa celle ci pour ceux là, bien que flanqué d'un gros bide ensuite. C'est à dire qu'il ne parvint pas à passer l'an. Les choses ont tellement de sens, là, de ce sens qui me semble si vain d'exprimer, puisque l'homme meurt, d'autres viennent sans savoir, recommence les mêmes boustifailleries. A quoi bon. Aqua jambon, vous allez adorer. Vous aller adorez. Vous à lait à Doré? Une belle tranche de surf sur du porcelet à la cerise. N'importe quoi. Tu devrais essayer. Tout ca pour qu'il puisse se marrer la haut. Dieu, métier archi chiant. Tout savoir tout le temps? Atroce. Dieu amnésique, c'est franchement plus dérouillant! Mais juste avant d'oublier, tu t'amputes d'un ou deux truc... Oh, rien de trop pointu, juste des trucs un peu bourrins, genre remonter le temps pour faire des variantes, ou bien pouvoir jouir chaque fois que tu chiales. Mais non, dans le four je t'ai dit!!! C'est pas comme ça que tu vas devenir quelqu'un! Si ta mère... Si ta mère. Parlais encore... Elle faisait des bonnes raclette ta mère! Turpidence à la récré, ca se voit dans ses bourrelets. Elle a jamais fait l'amour. Elle sent des tripes, une musique aussi limpide que du hard métal satanique. Et ca me fait pleurer sur son sort. J'ai envie de l'embaumé avec mes bras et ma compassion, la bercer comme si j'avais fais une fausse couche et qu'elle était le fantôme que j'aurais aimé connaître. C'est délicieux la mantavèl. Oh soleil surannée, ta voix s'endort sur mes étriers, qui abaissent mon pont levis, j'aime les fesses de Marc Lévi. L'amor est mour. Le furvent, ça te parle?
Et la je me suis dit "mais mec, tu vas certainement pas réussir à tous les convaincre! Même pas le quart serait déjà bien! A quoi bon t'échiner?" J'arrêtais pas d'écrire, d'effacer, des réécrire un truc qu'aurait suffisamment de sens pour leur foutre à tous la gifle du siècle. Et à force de "à quoi bon, à quoi bon" je me suis dit, autant écrire n'importe quoi. Alors du coup, c'est pas vraiment n'importe quoi, ce sont des mots, des phrases, mais c'est quand même un peu n'importe quoi, dans le sens ou ça me va très bien à moi. Voila.

dimanche 15 septembre 2019

Toutes les choses rayonnent. Toutes choses rayonnant sur une autre est filtré par le langage de cette dernière : est-ce le rayon qui la perturbe ou l'inverse ? Certaines oreilles pourraient entendre la lumière, et certains regards pourraient voir le son. L'esprit traversé par un rayonnement est comme une marre après qu'une goutte d'eau lui soit tombé dessus : soudainement animé d'une ondulation, d'un message, d'une sensation croissante. Lorsque mes yeux se posent sur la nuit, un obscur fourmillement apparaît, constant, chaotique. Mais lorsque je regarde une étoile, il semble provenir de celle-ci, comme entrainé par le courant qu'engendre son rayonnement, jaillissant jusqu'à moi. Son écho perturbe mes intuitions et lègue à mon esprit une sensation aussi palpable que si je me cognais à un mur : "Le bruit et la lumière constante de la ville empêche ton esprit de se fondre en moi". Il y a une profondeur à l'intérieur de moi et au-delà de moi-même, en même temps. Elle descend sans jamais s’arrêter. Je ne peux m’y oublier car des motos crient dans la nuit et des lampadaires entachent l'espace nocturne. Ils empêchent la nuit de remonter jusqu’à moi. Je dors d’un sommeil sans rêves. Lorsque je médite avant de dormir, ou lorsque je tente de me souvenir d'un rêve, les suivants se font plus intenses : j'ai réussi à descendre un peu plus. En moi. Pas au-delà de moi-même. Ce n’est pas la nuit qui me prend, c’est moi qui la cherche : mes bras sont tassés, recroquevillés sur eux même, et mon cœur est encore alourdi par mes intentions. Je ne peux descendre très bas. L’étoile dit que je dois quitter la ville, que je dois fondre mon esprit dans le silence et l’obscurité, pour m’y perdre, pour oublier qui je suis. Le jour souhaiterait que je sois moi-même. La nuit désire seulement que je redevienne la nuit

lundi 2 septembre 2019

Les pro spécistes me prennent pour un crétin et je les prend pour des crétins. Pourtant ni eux ni moi n'avons tort vis à vis de ce qu'on défend. Mais j'ai choisis de ne cautionner aucune torture ni aucun viol. Je n'ai pas beaucoup de chose à gagner dans le fait de me battre contre le spécisme, ci ce n'est un sentiment d'harmonie. J'adore la viande. La plupart du temps, nous n'arrêtons pas la viande car son goût nous répugnerait. Nous arrêtons car la violence reste toujours la violence. Peu importe qu'on l'ait banalisé. Nous ne sommes pas schizophrènes, nous ne prônons pas une chose et son contraire: l'amour et l'indifférence. L'amour qu'on nous a enseigné, nous continuons de l'explorer là où une masse de fidèles se résigne à un ensemble de condition. Suivre le mouvement ne nous sauvera pas de nous même. Certains disent que le végétarisme et le véganisme sont une mode. Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est qu'on se fiche d'être vegan. Nous nous levons contre le spécisme, le racisme, le sexisme et tous les autres diktats qui n'ont pas encore leur nom. Nous nous levons pour l'équité au delà de tout tabou. Je ne connais pas de combat qui m'est laissé aussi seul et dans l'incompréhension des autres. Une mode? Peut être. C'est une bonne mode. Elle nous démarque dans une singulière progression empathique. Notre qualité à constamment juger les choses et à les réduire ne me laisse qu'une seule certitude: nous ne sommes supérieurs à rien du tout. Nous sommes les différentiels magnifique de la vie, différents cas de figure pour une même force de vie. Nous tentons de voir l'humain tel qu'il est: nous ne le glorifions pas, nous ne le diabolisons pas. Son pouvoir est terrible. L'humain est capable du pire et de l'insupportable. Mais l'expression "être humain" renvoi aussi à ce qu'il a de meilleur: une utopie de lui même. Il n'y a pas besoin d'être religieux pour s'apercevoir que l'on est dépassé par cette vie, et que nous ne sommes que de minuscules rouages. L'humilité peut s'apprendre vite à celui qui sait se désamarrer de ces croyances. Intenses observations, et alors l'humain saura peut être apprécier la paix et la modestie dont manque ardemment cette implacable époque.
La loyauté s'est faite dénoyautée
'reste plus qu'un trou pour bien l'enc***
Le gros zizi des industriels
Fatal biffle qui te broie les ailes
Comique et dramatique, la trique capitaliste
Adieu nature souveraine,
Une fois violée on te tranchera les veines

mardi 23 juillet 2019

Les nuques courbées

Une nouvelle race d'humain est née. Les nuques courbées. Le smartphone est leur religion, leur passion. Accessoirement un téléphone portable, le smartphone est surtout le meilleur rempart contre la sensation de se sentir un peu con. Dommage... seule cette dernière était capable d'ouvrir les douces voies de l'abandon et de la contemplation. Dans le tram, il m'est souvent arrivé de remarquer que tous les humains d'une rame avaient un smartphone en main. Qu'ils furent littéralement plongés dans leur surface lumineuse ou simplement qu'ils la gardèrent à portée dans l'attente d'une dégivrante notification, le smartphone opérait toujours son petit jeu de charme. Lui et l'utilisateur semblent soudés l'un à l'autre, dés lors, l'abandonner au fond d'une poche devient sacrément difficile, pour ne pas dire que le geste requerrait un processus psychologique laborieux. Quand je remarque quelqu'un n'en ayant pas dans les mains, je compte les minutes avant qu'il ne le sorte. Les recordmen réussissant à ne pas le toucher durant tout un trajet sont franchement rares. La plupart du temps, la mystérieuse façade lumineuse appel ses fidèles à de multiples et inutiles vérifications. Un objet si plein de données est forcément vivant et s'il ne manifeste soudainement aucun signe d'alerte, chacun se doit de le sortir toutes les deux minutes pour sonder quel genre de fin du monde menace leur sainte vie cyber-connectée. On dirait des gosses devant un plateau du docteur maboul, et les multiples applications du smartphone sont ses entrailles qu'ils faut sonder inlassablement à la recherche du moindre mouvement, de la moindre oscillation sociale, car la plupart des doses prescrites par l'outil sont de l'ordre d'un réconfort identitaire via leur intégration à l'objet social. Peu satisfait de n'avoir constamment des manifestations de vie de l'engin, chacun peut le ranger et le ressortir au moindre risque d’interaction avec le monde qui l'entoure: quelqu'un vous regarde droit dans les yeux? Le smartphone constitue votre meilleure retraite. Quelqu'un vous sourit? Compulsivement, sortez votre smartphone puis écumez les paramètres. Quelqu'un vous demande son chemin? Bafouillez lui une réponse puis fuyez la soudaine émotion: l'écran vide de votre tablette est la seule chance de survie de votre amour propre, car là seulement, votre image semble sous votre contrôle.

Notre vie sociale, dont le smartphone n'est qu'une cristallisation, constitue un véritable paradoxe, prônant à la fois l'intime et l'impersonnel, l'original et le classique, une métaphore à propos du conformisme, suggérant à faire démonstration de nous tout en nous désignant les longues frontières de l'acceptable et du honteux. Ici se dessine les remparts invisibles du grand conditionnement social. Vous vous confondez avec cette image. La plus lisse possible sera le mieux. Et si, par le plus grand des hasards, vous devez faire du grabuge, vous espérez toujours qu'un quelconque média justifiera votre acte pour vous, car votre liberté sera toujours une illusion, toujours liée à cette validation provenant de l'extérieur. Aussi vrai que l'idée de Dieu nourrit parfaitement ce besoin d'une ascendance extérieure sur soit, nous brûlons de désir d'exister à travers le regard de autres. Ce peut être notre plus grande force comme notre plus grande vulnérabilité, m'est avis. Le sacré n'a fait que se déplacer. S'il vivote encore dans ces épais bouquins qui inspire les religions, dorénavant il exalte de petits mais bien plus puissants appareils qu'accompagne une armada de nouvelles règles, grasses et bien imposantes. Moi, je suis un hérétique. Je ne nie pas l'importance que les autres ont pour moi: ils en ont beaucoup. Ils en ont dans la mesure ou cette importance ne creuse pas un violent paradoxe dans nos libertés mutuelles, entre autre de part une dictature du collectif venant refréner, juger, violer nos accents de créativité et de liberté. Je suis un hérétique en ce que je suis un résistant, un désobéissant dans mes élans de créativité. Je n'obéis qu'a ma conscience, à mon intelligence et à mon cœur. Et mon cœur refuse catégoriquement d'utiliser le smartphone, ce parfait outil d'intégration dans l'abnégation en ce qu'il popularise une partie de notre réalité au détriment d'une autre, en ce qu'il est un produit de luxe réclamant des ressources rares provenant de l'esclavage, en ce qu'il rend addict de par sa fonction sociale prédominante et de part son utilisation généralisée.