Peut-être que l'humain se coupe du divin à mesure qu'il
surpasse le rythme de la nature. J'ai dormi en tente, en forêt. Le soir venu,
je ne pouvais qu'accepter l'absence de lumière avec tous les animaux
m'entourant, exception faite des rares nocturnes dont on aperçoit surtout le
silence. Aux aurores, je me réveillai en même temps que les oiseaux, les mammifères, la terre grouillante. Par ce
simple retour à une vivance sauvage et pourtant harmonisée au gré de
millénaire d'adaptation, cette cadence générale où finalement la perturbation
humaine reste minuscule, mes sens s'aguerrirent de jour en jour. Je ne
pouvais plus seulement voir ou entendre, mais la sensation des choses en moi
devint de plus en plus physiquement perceptible. Je sentais les éléments
s'immiscer dans mes cellules, aussi vrai que l'on sent l'eau d'une rivière nous
emporter dans son courant. Le jour et la nuit sur terre sont une décision
cosmique, les planètes les organisent à leur guise, et nous faisons partie de
ce tout, à moins d'inventer le confort de l'électricité. Dès lors, nous ne
vivons plus au rythme d'un ensemble sacré. Nous nous émancipons de l'ensemble
et de sa magie au profit d'une idée du confort, une idée de la liberté qui
somme toute est un tissu de désir toujours grandissant. Il y a une autre magie
dans ce fait, mais elle me semble lutter contre notre conscience d'un ensemble plus ancien duquel, par ce tout petit changement de rythme, nous nous éloignons. Dès lors,
lorsque nous observons cet ensemble par hasard ou par ennuie, il nous semble
soudainement moins désirable. Alors nous pouvons nous élargir en éloge à son égard sans que nos actes ne suivent nécessairement nos mots. Cette profonde compréhension
qui n'avait rien à voir avec les mots dépérit en même temps que nous nous
attribuons la science des choses et que nous nous positionnons en acte tout en
haut de l'échelle du vivant.
mardi 26 novembre 2019
dimanche 24 novembre 2019
Savez vous ce qu'est l'humain? C'est un nouveau concept, vous allez adorer, il prendra beaucoup de place dans votre salon, vous ne résisterez pas faites moi confiance. Il débarquera pour vous dire qu'il a reçu une lettre. Dans cette lettre, il vous dira que quelqu'un lui a dit de venir chez vous, de sonner et de rentrer. Si vous ne croyez pas en l'humain, ne désespérez pas: il n'est pas venu seul. L'humain ne vient jamais seul. Sur la lettre, il y aura un tampon. Le tampon c'est une idée. Voici la plus grande puissance de frappe jamais mis à la disposition d'un être pensant : l'idée. Il vous dira que c'est ce qui lui permet d'être davantage qu'une bête. Vous ne laisseriez pas rentrer une bête chez vous, n'est ce pas? La bête est ignoble, mais l'humain, lui, tient une idée. Alors, il se pourrait qu'il rentre chez vous, qu'il installe ses meubles par dessus les vôtres, ouvre vos tiroirs, dorme dans votre lit, et en définitive, il appellera ça liberté. Tamponné sur sa lettre, découpé dans votre salon, votre petit carré de jardin, la liberté en concept. Ni voleur, ni profiteur, ni bourreau, ni victime. L'humain est chez vous, derrière vous, dans vos vêtements. Ne désespérez pas, vous recevrez votre propre lettre. Elle aura son propre tampon, son simulacre de justice. Savez vous ce qu'est un mime? C'est ce que l'humain fait. Il mime la vie. Il fait disparaître les choses, puis les mime. Il vole les espaces, brise les formes, dessine ses propres lignes, enterre ce qui était à l'extérieur et érigent en pyramide ce qui se trouvait sous terre, cloisonne, parcellise, revend et, au comble de son arrogance, fignole l'ensemble par un bout de papier qu'il nomme "acte de propriété". Qu'est ce l'humain? Une créature qui s'est permis d'avoir tout le temps raison, vainqueur d'une guerre sur le monde. Mais ce que le monde a perdu à cause de l'humain, l'humain se l'est retiré de lui même. Tout bon créancier sait qu’il ne peut jamais perdre, et il n’y a de créancier plus fort que la mort. Elle emporte toujours le brin de chair que vous lui devez.
mercredi 30 octobre 2019
Je suis drogué. Drogué à l'amour. Comme tout drogué je connais des périodes de manque. Quête d'approbation. Réseau sociaux. Masturbation. Ce ne sont que de pâles substituts, car bien sûr l'amour est plus que l'approbation, l'effervescence sociale ou le sexe. Bien plus. Il est l'attention sincère que quelqu'un porte à une autre personne. Cette attention peut être faible ou puissante, négative ou positive et peut s'additionner à d'autre (et bien sûr se soustraire). C'est en se sens que la popularité est alléchante. Davantage de regards en notre direction multiplient même leur pouvoir. Nous cachons un dieu puissant en nous, et l'attention que nous portons à quelqu'un use d'un pouvoir divin capable d'élévation ou de destruction. Qu'on ne me dise plus que nous ne sommes pas responsables d'autrui et que chacun est entièrement responsable de ses agissements. C'est faux. Notre responsabilité est partagé, et ce partage varie constamment. Nos actes sont conditionnés par tout un tas de facteur mais l'attention que nous nous portons ou non les uns les autres est le plus puissant de tous.
vendredi 18 octobre 2019
Bleus
Le premier coup frappa au cœur,
Ses joues brulaient, pleines de sueur
Quand la sueur frappa la corde
Frémit à peine la main de l'homme
Quand l'homme sourd frappa le fruit
La branche trembla sous le cris
Quand le cris frappa la femme
Geste invisible au goût de lame
Quand la lame frappa au ciel
A la recherche de l'éternel
Quand l'éternel frappa l'enfant
L'on n'entendit aucun volcan
Quand le volcan frappa l'ozone
Le sein meurtri de l'amazone
Quand l'amazone gisait au sol
Berçant le corps du rossignol
Ses joues brulaient, pleines de sueur
Quand la sueur frappa la corde
Frémit à peine la main de l'homme
Quand l'homme sourd frappa le fruit
La branche trembla sous le cris
Quand le cris frappa la femme
Geste invisible au goût de lame
Quand la lame frappa au ciel
A la recherche de l'éternel
Quand l'éternel frappa l'enfant
L'on n'entendit aucun volcan
Quand le volcan frappa l'ozone
Le sein meurtri de l'amazone
Quand l'amazone gisait au sol
Berçant le corps du rossignol
lundi 7 octobre 2019
Le cycle de la fraise est aussi intéressant debout qu'allongé. Il se
meut surtout dans ses obliques. Voilà, je viens d'écrire une phrase,
aussi spontanée et loufoque que si j'avais mâché un malabar Tongolais.
Sauf que non. Mais l'important, c'est le costard. Il fait croire autre
chose que ce qu'on voit. Un homme dans des tissus trop ceintrés pour
réussir à danser le hip hop, mais pas la tektonik. L'on inventa celle ci
pour ceux là, bien que flanqué d'un gros bide ensuite. C'est
à dire qu'il ne parvint pas à passer l'an. Les choses ont tellement de
sens, là, de ce sens qui me semble si vain d'exprimer, puisque l'homme
meurt, d'autres viennent sans savoir, recommence les mêmes
boustifailleries. A quoi bon. Aqua jambon, vous allez adorer. Vous aller
adorez. Vous à lait à Doré? Une belle tranche de surf sur du porcelet à
la cerise. N'importe quoi. Tu devrais essayer. Tout ca pour qu'il
puisse se marrer la haut. Dieu, métier archi chiant. Tout savoir tout le
temps? Atroce. Dieu amnésique, c'est franchement plus dérouillant! Mais
juste avant d'oublier, tu t'amputes d'un ou deux truc... Oh, rien de
trop pointu, juste des trucs un peu bourrins, genre remonter le temps
pour faire des variantes, ou bien pouvoir jouir chaque fois que tu
chiales. Mais non, dans le four je t'ai dit!!! C'est pas comme ça que tu
vas devenir quelqu'un! Si ta mère... Si ta mère. Parlais encore... Elle
faisait des bonnes raclette ta mère! Turpidence à la récré, ca se voit
dans ses bourrelets. Elle a jamais fait l'amour. Elle sent des tripes,
une musique aussi limpide que du hard métal satanique. Et ca me fait
pleurer sur son sort. J'ai envie de l'embaumé avec mes bras et ma
compassion, la bercer comme si j'avais fais une fausse couche et qu'elle
était le fantôme que j'aurais aimé connaître. C'est délicieux la
mantavèl. Oh soleil surannée, ta voix s'endort sur mes étriers, qui
abaissent mon pont levis, j'aime les fesses de Marc Lévi. L'amor est
mour. Le furvent, ça te parle?
Et la je me suis dit "mais mec, tu vas certainement pas réussir à tous les convaincre! Même pas le quart serait déjà bien! A quoi bon t'échiner?" J'arrêtais pas d'écrire, d'effacer, des réécrire un truc qu'aurait suffisamment de sens pour leur foutre à tous la gifle du siècle. Et à force de "à quoi bon, à quoi bon" je me suis dit, autant écrire n'importe quoi. Alors du coup, c'est pas vraiment n'importe quoi, ce sont des mots, des phrases, mais c'est quand même un peu n'importe quoi, dans le sens ou ça me va très bien à moi. Voila.
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