jeudi 21 mai 2020

Sale habitude de garder nos portes fermées, de dresser des barrières opaques entre nos jardins, de redouter le regard de l'étrangère.er. Bonne habitude d'ouvrir nos portes régulièrement, de créer des passerelles entre nos mondes, de considérer l'autre non plus comme l'étranger.ère mais comme l'ami.e probable. Je ne dis pas que nous devrions être toujours disponible à l'autre, mais que lorsque nous allons bien nous ne devrions pas cloisonner les espaces par morne habitude. Comment ne pourrait il pas demeurer quelques limites à nos interactions si nous perpétuons de symboliques défenses sans même y penser? M'est avis.

samedi 2 mai 2020

On s'habitue aussi bien à donner la mort qu'à embrasser quelqu'un. Il y a ceux qui meurent par le fer, et il y a la tendresse qui finit par s'amenuiser sous chaque baiser. Parfois on remplit sa vie de bruit pour combler le manque. La seule chose qui survive au temps est le sens que l'on donne à nos gestes. Plus nous le faisons, plus nous imprégnons le chaos de cohérence, et plus notre âme sait apaiser les flots qui la font naviguer. Harmonie, nous avons foi en toi.
Il y a des vérités qui restent constamment inaudibles, maintenues à distance par les choses que l'humain prétend posséder et qui l'empêchent de voir bien au travers.

jeudi 16 janvier 2020

Je me suis levé tôt. Je prends mon thé en regardant la belle aurore incandescente. Les petits oiseaux semblent déjà joueurs dans mon jardin, leur piaillement sur fond de bruit d'autoroute qui se trouve à 3 kilomètres. J'entends aussi une horde de chiens. Des chasseurs? Peut être. Je pense aux cages, à tous les humains et animaux qui se réveilleront dedans aujourd'hui et à ceux qui les côtoierons pour la journée. Je me sens chanceux.

jeudi 9 janvier 2020

Depuis deux mois, à côté de mon nouveau chez moi, je passe devant 3 chèvres avec un pincement au coeur: celles ci sont attachées à une chaine, à plusieurs mètres les unes des autres, dans un carré d'herbe miteux en bord de route. Pour autant, je me suis habitué à cette vision, outrepassant mon sentiment d'impuissance, faisant tomber l'injustice dans le banal, le normal. Ce n'est que hier soir que j'ai franchis une limite face à elles, sentant au fond de moi que je me leurrais, que je me détournais de mes vraies envies d'amour, d'altruisme, tout simplement par peur et complaisance. J'ai enjambé un petit cordon balisant l'entrée de la propriété. J'ai violé cette limite invisible, logée dans mon esprit. Une fois surmontée cette dernière, que les loi ou des proprios me tombent dessus n'avaient aucune franche importance. J'ai été voir ces chèvres, ces chèvres qu'on attache là, faute de mieux et de volonté. Ces trois chèvres qui se regardent de loin, ne peuvent jamais se toucher à cause de leur chaine d'à peine 2 mètres. J'ai violé cette image champêtre et banal d'animaux ne se plaignant pas, regardant mollement la route depuis leur petite niche, cette image facile à accepter, à mettre en toute fin de liste, derrière nos autres si chères priorités. Je me suis assis là, à côté d'elle, la route devant, à 3 mètres à peine, le bruit des voitures déboulant du silence toute les minutes, leur phares aveuglants dans la gueule, le même paysage 24h sur 24, 7 jours sur 7. Comment avais je pu ne jamais m'arrêter? Putain. Putain d'humain que je suis. Hautains que nous sommes.

samedi 7 décembre 2019

Quand je défends mes valeurs de véganisme auprès de certains, il me préviennent poliment que je tends vers l'extrémisme. Et ils opposent leur droit de manger ce qu'il veulent à mon fanatisme lorsque je tente de leur faire entendre que ce n'est pas un droit d'opprimer des êtres vivants pour leur plaisir. Ils ont beau avoir été la majorité à penser le contraire, l'extrémiste fanatique n'était pas Galilée quand il affirma envers et contre tous que le soleil était au centre de notre système. Moi je prétends que c'est le cœur qui est au centre, tandis qu'eux affirment que c'est l'estomac. Certains disent que forniquer à tout va est immoral mais que se satisfaire de "petits" meurtres légaux n'est pas un gros forfait. Je jure que si j'étais dieu, je ferais l'amour à tous ceux qui le voudraient bien, mais jamais je ne tuerais un être ayant un cœur. Je ne suis que le produit de mon conditionnement. Je comprend que chacun puisse trouver le conditionnement des autres absurdes. Néanmoins, personne ne trouverait absurde à ce qu'on lui laisse la vie sauve. C'est là que je pense notre point de vue au dessus du leur: il respecte une subjectivité universelle. Il découle d'une simple observation et ne dépend ni d'une éducation, ni d'une hypothèse intellectuelle. Pas que je puisse prendre les gens de haut, mais dire aujourd'hui sans l'once d'un doute: l'empathie n'est pas une erreur. Ce serait comme dire, respirer est une erreur. Principe de base. Respirer permet de vivre. L'empathie permet de laisser vivre. Œuvrer pour la vie, c'est juste vouloir profiter de ce don humain qu'est un désir grandissant de cohérence.
-Papa, à l'écôle Dilane na dit le papa nouelle il existe pô.
-Hahaha mais Hervé-Du-Champs-Doré, voyons! "Le papa nouelle" est une stratégie commerciale, pas un service qualité au service de tes fantasmes ! Non seulement il existe mais il en existe plusieurs! Plusieurs copie du même troufion! Et oui vieux! Tu n'as pas remarqué quand on est sorti du magasin ce matin? Le père noël devant la boulangerie crachait bien plus de glaires sur le trottoir que celui qu'on venait de croiser aux galeries Lafayette! Ce n'étaient pas les mêmes! C'est marrant hein! Assis toi sur les genoux de ta grand mère qui fais dodo, je vais t'apprendre un truc ça va te dérailler la vésicule : leur job, aux pères noëls hein, ne consiste pas à se décalotter le derche en livrant des cadeaux à tous les baveux du monde la seule foutue nuit où ils peuvent dormir peinard parce que les braillards des voisins ont décidé de se la jouer velouté et molletonné et que toute la famille s'y met, c'est comme une religion express le bordel, pendant trois jours t'es illuminé que le reste du temps t'étais sacrément casse noix à la mode antéchristy, mais déjà j'épilogue. Non leur boulot c'est juste d'inciter les parents du monde entier à fournir la dose prescrite à leur junkie de morveux qu'en peuvent plus de se pisser dessus toute l'année en pensant aux boi-boites sous le sapin-pin de no-no. Hé Hervé-du-champs-de-la-nouille, tu sais pourquoi ils le font? Parce que le chocolat c'est bon pour le cerveau… JE DÉCONNE PUTAIN! Pour payer leur cancérologue fils. Les pères noël ne sont ni des power rangers, ni des apollons du porno, c'est pourquoi tu leur dois le respect, capishé? Regarde moi dans les naseaux quand je te piaffe et arrête de tripoter ta grand mère. Capishé??? Tu inviteras Dilan à diner, il m'a l'air bien ce gamin, de la jugeote tout ce qu'il faut.